London and Paris should be united (really) against Terrorism

After the Paris bombings, I heard so many English journalists openly tying the Paris attacks to the model of French integration and its secularism, presented as « Islamophobic ».
A few days ago, a major English newspaper presented the Orly attack (obviously very impulsive and unprepared) as a « fault » in France. While these attacks are almost impossible to avoid.
At the very moment that we learned of the attack in London, twitters rushed on their smartphone to explain that the English channels, at least, did not rush to speak of attack, contrary to the French channels. It’s wrong. The British news channels quickly spoke of a « terrorist incident ». They allow themselves comments that I have never heard on the French news channels. One of them even deceived themselves by broadcasting a false name and a false photo of the terrorist… Who happens to be a British citizen, born and « made in » UK.
What I am trying to say is that it may be time to stop believing that a cultural model protects from terrorist acts. It strikes us all.
As it is time to stop finding sophisticated mobiles to killers who act as monsters.
It is time to accept that we can not stop all attacks (we stop many already) when we live under the threat of groups at bay.
It is time to look at what unites us: to horrify fanatics, totalitarians and terrorists.
All my solidarity with London and Great Britain, unjustly struck, as are all cities and all countries.

Caroline Fourest, former journalist at Charlie Hebdo

Expliquer le « French Secularism »

Depuis le 7 janvier 2015, tenter d’expliquer notre modèle de laïcité à l’étranger est devenu l’une de mes priorités. Me voilà de retour en France après huit jours d’intenses et passionnants débats aux Etats-Unis à la rencontre des étudiants de Duke (en Caroline du Nord) et de Hollins (en Virginie). Merci aux professeurs qui m’ont invitée. Ensemble, nous avons pu échanger sur la laïcité, Charlie Hebdo, le droit au blasphème, la différence entre « Free speech » et « Hate Speech », mais aussi creuser les nuances qui existent entre « Multiculturalisme » et « Universalisme ».

Duke et Hollins sont deux beaux campus, où mûrit une jeunesse libérale déboussolée par la victoire de Donald Trump. D’habitude si violente à l’égard de notre modèle, je l’ai trouvée pleine de doutes et très à l’écoute… Dans ces beaux lieux de transmission que sont les campus (nous devrions tant nous en inspirer), les amphis et les classes débordaient d’élèves curieux, revenant en dehors de leur cours, pour continuer à discuter, visiblement heureux d’aborder ces sujets sensibles, parfois franchement tabous aux Etats-Unis.

Ensemble, nous avons osé ouvrir quelques portes, loin des carcans simplificateurs de l' »Identity Politics ». Une vision devenue si essentialiste en matière  d’identités qu’elle amalgame tout débat sur les « valeurs » avec rejet des « cultures », s’interdit de penser et conduit même à diviser les minorités. Alors qu’avec un peu d’audace et de précision, le combat contre la domination redevient une force.

L’Amérique peut retrouver le chemin d’un antiracisme universaliste plus fédérateur et fidèle à Martin Luther King. Ce jour-là, elle se souviendra de l’importance de défendre la Séparation voulue par Jefferson, aujourd’hui menacée par l’extrême droite suprémaciste et la droite religieuse.

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