Le FN, l’Eglise et les réfugiés

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Extrait 

« Entre deux attentats, la partition est décidément facile pour le Front national, malgré son feuilleton familial.

Sur la question des réfugiés, il peut jouer sur tous les tableaux à la fois. S’ériger d’un côté en défenseur des chrétiens d’Orient, victimes de la barbarie de Daesh, et de l’autre refuser la charité à des syriens, qui fuient précisément la barbarie de Daesh.

Quand ils ne se noient pas pour échapper à la barbarie de Bachar El Assad, que le FN soutient et veut voir se maintenir au pouvoir. Même après deux cent mille morts…

En fait, les victimes de Daesh lui servent deux fois. A prétendre que le combat contre le terrorisme est une croisade, tout en maquillant ses victimes en migrants envahisseurs. Pour mieux faire croire que la solution n’est pas de mieux surveiller les terroristes (rappelons que le FN s’est opposé à la loi antiterroriste) mais bien la xénophobie, son vieux fond de commerce.

Un commerce très éloigné de la tradition de l’asile chrétien, devenu principe de droit grâce à la Révolution française et à l’humanisme issu des lumières. Mais cet héritage-là n’est pas encore bien intégré au Front national. »

Pour écouter la chronique de France culture (31.08.15)

Nos résistants sont plus nombreux que leurs martyrs

Des passagers qui sauvent des vies grâce à leur courage entre Paris et Amsterdam. Un directeur des antiquités du site de Palmyre qui sauve un pan de culture au prix de sa vie. Des terroristes qui échouent, se tirent une balle dans le pied ou cessent de répandre la mort grâce à ceux qui les combattent en Syrie. Pendant que d’autres continuent à dire et crayonner malgré les menaces.

Les années qui viennent seront rudes et chaotiques. Mais il y aura toujours cette façon-là, résistante, de voir l’actualité qui nous secoue.

Au lieu de céder au défaitisme proclamant la mort de la civilisation et le triomphe facile — mais faux — de groupuscules fanatisés voués à l’échec, regardons l’essentiel : la vie, la démocratie, la liberté de ton et d’esprit, le courage et cette immense coalition humaine qui se lève contre cette folie obscurantiste.

Caroline Fourest

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Parcs de la Paix : le dernier rêve de Nelson Mandela

Mes amis, nous sommes très fières de vous annoncer la diffusion d’un film qui nous tient à coeur depuis de longues années. Nous le tournons depuis l’été dernier et il sera diffusé mardi prochain, 30 juin, sur ARTE à 23H45 : « Parcs de la Paix : le dernier rêve de Mandela« . Quand l’écologie montre le chemin de la diplomatie… Avec Fiammetta Venner et Xavier Liberman.

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Allez voir le site : https://parcsdelapaix.wordpress.com

Pour voir le film sur ARTE+7

La mauvaise foi renversante des « Y’a bon Awards »

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Les « Y’a bon Awards » se sont une fois de plus distingués par leur mauvaise foi. Comme à leur habitude (c’est même leur vocation), ils mélangent propos racistes et propos laïques. Mais en prime, ils les sortent totalement de leur contexte et les tronquent pour leur faire dire… l’inverse.

En effet, la phrase qui me vaut le privilège d’être à récompensée (et que les Y’a bon se sont bien gardé de citer dans son intégralité) visait à montrer le « deux poids, deux mesures » d’une certaine droite vis-à-vis des familles musulmanes.

En pleine polémique sur le retrait de certaines familles de l’école publique pour cause de programmes visant à déconstruire les stéréotypes de genres, je trouvais douteux qu’on puisse hurler quand les enfants de familles musulmanes souhaitent échapper à l’enseignement de certaines matières ou de la Shoah, mais pas quand des familles catholiques souhaitent échapper à l’enseignement de l’égalité filles-garçons…

C’est donc une dénonciation d’une forme de racisme anti-musulman, d’une inégalité dans la vigilance, qui me vaut ce « Y’a bon ». Le précédent était pour avoir dénoncé les mairies prêtant des installations publiques à des associations intégristes et sexistes…

Dans les deux cas, au lieu d’assumer la fracture existant entre un antiracisme communautariste et un antiracisme universaliste, il s’agit de répondre par la calomnie, pour ne pas avoir à répondre par l’argument.

Les « Y’a bon Awards » ne trompent plus personne. Ils sont pointés dans mon livre pour leurs confusions (volontaires) anti-laïques et anti-Charlie. Merci à eux de confirmer mon alerte auprès de ceux qui n’avaient pas (encore) compris.

Caroline Fourest

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