Plus haut en compagnie d'Asrin Abdallah (commandante et porte-parole des combattantes Kurdes du YPJ) à la Une

Chers camarades, « Soeurs d’Armes » n’est pas un tract !

Un compte twitter d’anonymes créé en octobre 2019 prétend parler au nom des « combattantes et combattants francophones du Rojava » pour se plaindre de « Soeurs d’armes ». Le film porterait atteinte à leur « moralité » révolutionnaire. Parce qu’il ose montrer qu’il arrive qu’on boive et qu’on tombe amoureux en faisant la guerre !

Cher(s) jeune(s) guérillero(s), croisé à France Inter, ne perdez pas votre temps à nourrir les trolls Turcs contre un film qui rend hommage aux Kurdes… Il y a plus urgent. Dénonçons ensemble cette invasion infâme.

Les représentants du Rojava en France, à qui j’ai montré le film parmi les premiers, l’aiment et le soutiennent. C’est l’essentiel pour moi.

La « morale » que vous prétendez défendre comme jeunes Français pour ne pas choquer les Kurdes et les Arabes témoigne d’un exotisme douteux. Une bigoterie de plus, dans un monde déjà bien malade de l’intégrisme. J’ai justement voulu montrer l’humain que vous cherchez à taire. Le meilleur d’entre vous et de nous.

Des amis engagés parmi les Kurdes qui m’ont confié que oui, bien sûr, malgré des règles très strictes du YPJ, il arrivait de craquer, de boire et de s’aimer. Ce n’est pas grave. Juste la preuve que l’humanité résiste à l’adversité comme à la discipline.  C’est cette matière humaine, paradoxale, qu’un film peut donner à voir et à ressentir.

Ce film n’est pas un tract, et j’en suis fière. C’est une fiction. Les scènes de combat y sont forcément plus spectaculaires que dans la vraie vie, où 90% du temps consiste à attendre, parfois des bombardements. Ce que le film montre aussi.

Il ne prétend représenter aucun groupe en particulier, ni entrer dans les divisions. Il fusionne délibérément les mouvements kurdes sous un drapeau commun. Car ce n’est pas toujours pas un tract… Mais une utopie.

Il exprime ma vision, comme cinéaste, de l’affrontement entre féminisme et fanatisme. Elle enrage les fanatiques. Si elle trouble en plus quelques sectaires, c’est qu’il est bien vivant et libre. Comme un film doit l’être.

Allez, bon film à tous ! Faites-vous une idée par vous-mêmes !

Caroline Fourest

Caroline Fourest en compagnie de Salih Muslim, du PYD Syrien.

Ici en compagnie d’Asrin Abdallah (commandante et porte-parole des combattantes Kurdes du YPJ)

Plus haut en compagnie d'Asrin Abdallah (commandante et porte-parole des combattantes Kurdes du YPJ)

 

La représentation officielle du Rojava a tenu à publier ce communiqué. « La représentation en France de l’auto-administration du Rojava récuse formellement le communiqué publié par le CCFR à propos du film de Caroline Fourest, « Soeurs d’armes » qui rend un bel hommage à nos combattantes. Tout comme Patrice Franceschi, elle est une amie des Kurdes. Le CCFR, devrait plutôt communiquer sur l’agression dont nous sommes victimes de la part de l’armée turque et ses terroristes. Khaled Issa. »

 

 

Caroline Fourest : « J’ai eu besoin, d’air, de liberté, de cinéma ! »

Entretien avec Annick Cojean

« Le Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. Cette semaine, la journaliste et essayiste revient sur ses combats féministes et contre les intégrismes, sur le « tourment émotionnel » de l’après-« Charlie », et sur son film « Sœurs d’armes », en salle le 9 octobre.

Sa quasi-disparition des débats depuis trois ans avait beaucoup intrigué. La journaliste et essayiste Caroline Fourest était en fait concentrée sur l’écriture et le tournage de son premier long-métrage, Sœurs d’armes, en salle le 9 octobre. Un film de guerre féministe, qui met en scène une brigade de résistantes kurdes combattant Daech[organisation Etat islamique, EI]. A 44 ans, elle explique ici son rêve de cinéma et la nouvelle orientation donnée à sa vie.

 

Je ne serais pas arrivée là si…

Si je n’avais pas été rattrapée par le flot d’émotions accumulées au fil de vingt ans de combats, et trop longtemps contenues, notamment après les attentats de Charlie et de Paris. J’avais longtemps résisté, refoulé ma peine, gardé mon calme, maintenu un cap, misé sur la raison, un journalisme d’enquête et d’explication. Mais la fureur du débat public après Charlie m’a ébranlée. Il tournait au lynchage. Les mêmes qui avaient désigné pour cibles mes amis de Charlie en les traitant d’islamophobes recommençaient de plus belle, les enterrant une seconde fois.

J’ai tenté de répondre, de contrer les salauds qui ne cessent d’inciter à la haine et de nourrir la machine à tuer, j’ai lutté par mes mots, écrit Eloge du blasphème (Grasset, 2015). Mais l’injustice et l’extrême violence des attaques ont eu raison de ce self-control auquel je me suis tenue si longtemps. J’ai senti un bouillonnement intérieur, un trop-plein d’émotions qu’il fallait que je transcende pour qu’elles ne me consument pas. Le cinéma m’a offert une nouvelle voie. La liberté de la fiction m’est devenue vitale.

Vous n’aviez pourtant jamais manqué de tribunes ni de lieux d’expression. Une vingtaine de livres et de documentaires, des chroniques radio et magazine, des invitations sur les plateaux télé…

Oui. J’ai beaucoup travaillé depuis mon engagement dans le journalisme, à l’âge de 20 ans. Et j’ai eu de beaux espaces pour m’exprimer. Je suis allée partout pour lancer des alertes, parfois un peu trop tôt, souvent seule contre tous. Je me suis plongée dans des enquêtes complexes en essayant de donner toutes les armes, toutes les clés, sur des sujets qui me semblaient menacer notre société.

Mais j’ai fini par avoir le sentiment que le débat public était saturé. Les réseaux sociaux n’étaient plus qu’injures. Je ne pouvais plus convaincre que les convaincus. Je sentais une impasse. Alors je me suis dit que, après tout, j’avais fait le job, tel un bon petit soldat qui avait mis toutes ses forces pour défendre ce en quoi il croyait. Le moment était enfin venu de réaliser mon rêve de cinéma, si longtemps différé.

Parce que c’était un rêve ?

Oui. Depuis toujours, je crois. Je n’avais pas les mots, je ne connaissais pas le métier, ma famille de commerçants du sud de la France n’avait rien à voir avec le milieu artistique. Mais j’aimais écrire des histoires.

« Enfant, mon héros de l’époque s’appelait Louis de Funès. Faire rire m’apparaissait comme la chose la plus noble et la plus belle qui soit. Vous voyez, j’ai un peu ripé… »

A la maternelle, je fabriquais déjà de petits livres. Puis on m’a offert, pour ma communion, mon premier vrai cadeau : un appareil photo. Et je me suis ensuite jetée sur une caméra numérique. J’écrivais des sketches, des discours, des interviews, j’imitais des hommes politiques. Je faisais éclater de rire à la fin des banquets familiaux. Et mon héros de l’époque s’appelait Louis de Funès. Je connaissais ses films par cœur et rêvais d’être comique. Faire rire m’apparaissait comme la chose la plus noble et la plus belle qui soit. Vous voyez, j’ai un peu ripé…

En effet !

Mais je maintiens que l’humour est essentiel ! Mes amis sont de grands déconneurs. J’ai besoin de cet oxygène, de cette distance et du deuxième degré. C’est pour ça que j’ai tant aimé Charlie.

Un jour, j’ai confié à une de mes tantes :« Quand je serai grande, je serai comédienne. » Elle a éclaté de rire :« Caroline, tu serais incapable de dire une ligne que tu n’as pas écrite ! » Elle savait mieux que moi alors combien j’aimais écrire et maîtriser le show. C’est à cette époque que j’ai perdu un oncle que j’adorais. Et tout le monde s’est tourné vers moi, qui n’avais que 15 ans, en disant : « Il n’y a que toi qui puisse écrire le discours. » De fait, le texte est venu tout seul. J’avais l’écriture fluide. C’était certain : j’écrirais un jour des histoires. Mais ce rêve de cinéma, je l’ai mis en parenthèse pendant plus de vingt ans.

Pourquoi avoir tant différé ?

Parce que le journalisme m’a happée alors que j’étais étudiante. Et parce que j’y ai vu un moyen de lutter contre ceux qui menaçaient nos droits, nos libertés, une qualité de vie dans un pays que je trouve assez exceptionnel. Ce besoin de protection du pays peut paraître fou, il m’était pourtant viscéral.

Je voyais monter le Front national, les discours haineux contre les sans-papiers, les actions des cathos intégristes contre l’avortement, les droits des femmes et des homosexuels. J’avais 20 ans, j’assumais enfin qui j’étais, c’est-à-dire une femme qui aime les femmes et qui savait qu’elle le paierait très cher, et je percevais avec une acuité particulière toutes les menaces pesant contre les minorités. Il y avait urgence et j’ai foncé. Il se trouve qu’une rencontre essentielle a précipité et renforcé cet engagement.

Une rencontre qui pourrait être une deuxième réponse à « Je ne serais pas arrivée là si… » ?

Oui, car elle est fondatrice. Je travaillais pour Transfac, un journal étudiant, et m’étais lancée dans des infiltrations et des enquêtes sur l’extrême droite, quand, un soir de 1996, j’ai vu à la télévision une jeune chercheuse de sciences politiques démasquer et torpiller calmement une anti-IVG qui était en train d’embobiner tout le plateau. Elle s’appelait Fiammetta Venner et j’ai été scotchée.

Je l’ai interviewée le lendemain par téléphone et puis elle m’a donné rendez-vous, ainsi qu’à d’autres journalistes, au procès que lui intentaient les anti-avortements à la 17echambre correctionnelle. Je suis arrivée dans un tribunal rempli de militants d’extrême droite et de féministes. Quand on s’est vues, un éclair a traversé la fenêtre du tribunal et nous a percutées. Un coup de foudre. Comme dans les films. Il y avait 400 personnes au tribunal, mais c’était comme si nous n’étions que deux dans la pièce. Voilà. On ne s’est plus quittées.

Mêmes urgences, mêmes combats, mêmes engagements ?

Oui. Elle arrivait du Liban et elle avait fait une énorme thèse de sciences politiques sur l’extrême droite, qu’elle avait d’ailleurs infiltrée. C’est une chercheuse surdouée, avec une capacité d’emmagasiner et de trier des données à une vitesse hallucinante. On a créé ensemble la revue [sur les questions politiques et religieuses et des droits individuels] ProChoix, en 1997, écrit des livres et des documentaires en travaillant de façon complémentaire. Même quand on est chacune sur un sujet, on se consulte et on se relit mutuellement. Elle est mon roc, mon bouclier, mon mentor aussi.

« Après “Charlie”, j’ai compris que même pour être utile, il y a des choses que je n’étais plus prête à accepter. Trop d’ennemis, trop de pression »

C’est avec elle que j’ai appris le féminisme, qui est devenu le fil conducteur de tous mes combats. Et c’est avec elle, très vite, que je me suis battue pour le pacs, fait des enquêtes pour démonter les réseaux secrets de Christine Boutin, dégonfler la pétition des maires anti-pacs. Et plus tard pour le mariage pour tous… Car je ne voulais pas vivre dans un monde qui m’interdise de me marier et d’avoir des enfants. L’idée m’était insupportable. Aujourd’hui, avec le vote de la procréation médicalement assistée [PMA, étendue à toutes les femmes et adoptée le 27 septembre par l’Assemblée nationale], je me sens citoyenne comme les autres, à ma place dans cette République que j’aime. Et libre, enfin, de me concentrer sur des envies plus personnelles.

D’autres combats vous ont retenue. Comment êtes-vous passée du sujet de l’extrême droite à celui de l’intégrisme musulman ? De Christine Boutin à Tariq Ramadan ?

Le choc du 11 septembre 2001 a créé de tels antagonismes, ranimé de telles haines, qu’on a décidé, avec Fiammetta Venner, de comparer les intégrismes juif, chrétien et musulman dans un livre intitulé Tirs croisés (Calmann-Lévy, 2003), pour bien en extirper la gangue raciste et essentialiste.

Et c’est là que je suis tombée sur Tariq Ramadan, dont je ne savais alors que faire. Etait-il moderniste ou fondamentaliste ? J’ai enquêté, lu ses discours, ses interviews, écouté ses cassettes et ai conclu au double discours. On m’est tombé dessus. Grasset m’a commandé un livre pour y voir plus clair. J’ai répondu : « Je signe pour l’enfer ! » Ce sera en fait dix fois pire que ce que j’avais prévu.

Pourquoi le faire, alors ?

Le côté petit soldat. J’ai toujours mon envie de cinéma. Je viens même de gagner un concours de scénario. Mais écrire ce livre est alors de l’ordre de la mission. Je n’ai pas le choix. Je me dis : si je ne le fais pas, personne ne le fera. Ou ce ne sera pas bien fait et il va s’en sortir. Or je suis consciente que ce type veut radicaliser l’Europe et peut la faire exploser en profitant des complaisances de partis de gauche et en faisant, au final, gagner les extrêmes droites. Il faut l’arrêter. Je m’immerge pendant neuf mois dans son univers, décortique la mécanique du bonhomme, démonte point par point son discours, prouve qu’il a une visée stratégique. Et qu’il est dans une parfaite fidélité à son grand-père, fondateur des Frères musulmans[le cheikh égyptien Hassan El-Banna, en 1928].

Que se passe-t-il à la sortie du livre, en 2004 ?

La bourrasque. Il renverse l’accusation et me traite de menteuse, repris en chœur par ses alliés, ses fidèles, ses fanatiques, le réseau des Frères musulmans. Je suis taxée d’islamophobie, moi, la journaliste antiraciste obsédée par la vérité. Cela se traduit par des chaînes d’insultes, de trolls, de procès d’intention, de menaces. Mon adresse est divulguée, mon code… Le plus douloureux est que des gens pour qui je m’étais battue sont sensibles à ses propos, car il est redoutable – des gens de gauche, des féministes, des homos. J’avais le sentiment du devoir accompli, mais un goût amer d’injustice personnelle et de terrible danger pesant sur la société.

La tragédie de « Charlie » sera un point de bascule ?

Comment oublier ce matin du 7 janvier 2015 ? L’atroce lecture de la liste des proches tombés sous les balles ? Cela faisait dix ans que nous sonnions l’alarme, qu’on dénonçait les mots tordus qui armeraient des tueurs, qu’on redoutait des morts. Et voilà que recommençaient les « oui, mais » et les accusations d’islamophobie ? C’était mettre des cibles sur nos têtes.

J’ai vécu sous protection policière juste pour avoir le droit de continuer à m’exprimer en France, alors que notre liberté se jouait en Irak et en Syrie, où les Kurdes se battaient contre Daech ! J’ai compris alors, dans ce tourment émotionnel, que même pour être utile, il y a des choses que je n’étais plus prête à accepter. Trop de furieux aux basques, trop d’ennemis, trop de pression. Besoin d’air, de liberté, de cinéma. Il était temps !

Quel est le déclic pour vous lancer dans l’écriture d’un film ?

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dans laquelle on assiste à la foire aux esclaves et où l’on voit des combattants de Daech, rigolards, évaluer les petites yézidies, yeux bleus, yeux marron, qu’ils sont prêts à échanger contre un pistolet. Vous vous souvenez ? Cette scène était un sommet de racisme, de totalitarisme misogyne, de déshumanisation. Elle me hante. Je ne peux pas passer à autre chose.

« Je me suis soignée avec ce film. J’ai pu jouer avec les symboles qui me hantaient, entendre des milliers de crépitements de kalachnikovs, voir des gens mourir et se relever »

Je me rends au Kurdistan irakien, comme Charb en avait d’ailleurs le projet avant d’être assassiné. J’y rencontre des bataillons de femmes kurdes, à 800 mètres du front. J’ai envie de les rejoindre. Mais je ne sais sniper qu’avec des mots. Il faut l’ampleur du cinéma pour raconter cette histoire inouïe qui combine un sommet d’oppression misogyne et un sommet de puissance féminine. J’écris donc un film de guerre. Un film de guerre féministe !

Camélia Jordana, l’une de vos actrices, prétend que ce film fut pour vous une forme de « réparation »…

Elle a raison. Je me suis soignée avec ce film. Et le tournage a été jubilatoire. J’ai pu jouer avec les symboles qui me hantaient, entendre des milliers de crépitements de kalachnikovs, voir des gens mourir et se relever pour aller manger à la cantine, entendre Camélia Jordana crier à un djihadiste qu’elle abat : « Et maintenant, il est où ton paradis, connard ? », avant que les maquilleuses marocaines nous prennent dans leurs bras en disant : « On est fières de faire ce film. » Des figurants berbères se sont identifiés à des yézidis. Des Kurdes, des Arabes, des juifs, des homos, des hétéros et même des trans ont travaillé tous ensemble. J’ai eu l’impression qu’on s’en sortait par le haut. Nous transformions en créativité ces années sinistres. J’aime les combats joyeux.

C’est pour vous un changement de cap ?

Un changement de vie ! Je ne reviendrai pas au débat permanent. J’ai donné. Le cinéma me paraît être un outil tellement plus puissant, plus profond, qui permet d’entrer en communion avec des foules de gens différents, et notamment les jeunes. C’est le dernier vecteur universel. J’ai vingt-cinq idées. Et l’envie de faire des films jusqu’à la fin de mes jours.

Avez-vous le regret d’avoir perdu du temps ?

Pas du tout ! Je préfère débarquer dans le cinéma à 40 ans passés plutôt qu’à 20. Le journalisme a été une formidable passerelle vers les autres. J’ai accumulé les rencontres, les expériences, les épreuves. J’ai travaillé sur la psychologie de personnages multiples, proches de moi ou à l’opposé ; j’en connais la cohérence, les motivations, les aspects les plus nobles et les plus sordides. Voilà bien des atouts.

Le milieu ne reste-t-il pas profondément misogyne ?

Si ! Nous sommes dans l’ère post-Weinstein, mais ne nous leurrons pas, ça reste l’un des lieux les plus résistants au féminisme. Et je suis persuadée qu’à 20 ans, je ne l’aurais pas supporté. Je n’étais pas prête à composer avec le regard dégoulinant d’acteurs majeurs de ce milieu et l’objétisation du corps des femmes.

Aujourd’hui, j’y vois surtout un beau défi. Le cinéma est le lieu où l’on fabrique le fantasme. Or les femmes y ont été jusqu’à présent les objets du fantasme plutôt que ses fabricantes (il n’y a qu’à voir le nombre infime de réalisatrices). Eh bien, j’aime penser que mon film renouvelle le regard sur les femmes. Des hommes qui l’ont visionné me disent : « Qu’est-ce qu’elles sont belles, tes héroïnes ! »Belles ? Elles ne sont ni maquillées ni apprêtées. Elles sont en sueur et elles tirent à la kalachnikov. Belles ? Ils trouvent belles ces femmes puissantes, qui s’affirment, et même qui font peur ? Alors, c’est gagné.

« Sœurs d’armes », écrit et réalisé par Caroline Fourest, avec Dilan Gwyn, Amira Casar, Camélia Jordana…, en salle le 9 octobre.

« Soeurs d’Armes » sort enfin en salles et a besoin de vous !

Chers amis,

J-1. Après quatre ans de travail acharné, « Soeurs d’Armes » sort enfin en salles (le 9 octobre). La suite de cette histoire dépend de vous. Sans vous, le film risque de ne tenir que quelques jours à l’affiche. Le meilleur moyen de l’aider à vivre est d’aller le voir très vite, dès le premier jour, pour lui permettre de se lancer.

J’ai réalisé ce film pour que personne ne puisse oublier le rôle des femmes dans cette guerre, ni le courage des Kurdes. Pour qu’on ne les abandonne pas. Un abandon dont il est question dans le film… Et voilà qu’il sort au moment même où la trahison américaine se confirme.

Les Kurdes de Syrie, nos alliés, risquent à tout moment de se faire massacrer. De jeunes volontaires internationales qui les ont rejoint, comme dans le film, sont mortes il y a quelques mois sous les bombes turques. Ne les oublions pas.

Ce film est dédié à toutes celles qui on perdu leurs vies pour sauver les nôtres. Mon voeu le plus cher est qu’il rencontre le plus grand nombre, dans tous les pays. Qu’ils puissent nous unir autour de leur courage. Pour faire ensemble bouclier.

Merci de venir en salles, de votre soutien, et bon film !

Deux jeunes françaises, Kenza et Yaël, rejoignent une brigade internationale partie se battre aux côtés des combattantes Kurdes. Leur quête croise celle de Zara, une rescapée Yézidie. Issues de cultures très différentes mais profondément solidaires, ces Sœurs d’Armes pansent leurs blessures en découvrant leur force et la peur qu’elles inspirent à leurs adversaires.

Casting : Dilan Gwyn, Amira Casar, Camélia Jordana, Maya Sansa, Esther Garrel, Nanna Blondell, Korkmaz Arslan, Noush Skaugen, Mark Ryder, Youssef Douazou, Filipo Crine, Pascal Greggory, Roda Canioglu, Darina Al Joundi, Shaniaz Hama Ali, Roj Hajo, Mouafaq Rushdie.

Première incroyablement émouvante de « Soeurs d’Armes » au Kurdistan !

Le 1er octobre, « Sœurs d’armes » faisait l’ouverture du Festival du film de Slemani, au Kurdistan irakien. 1500 personnes, en pleurs et en liesse, ont applaudi à chaque fois que nos héroïnes dézinguaient les fanatiques. A la fin, des femmes Yézidies, dont certaines survivantes ayant le même parcours de Zara, et des combattantes peshmergas, dont certaines apparaissent dans le film, sont montées sur scène pour partager la standing ovation. Emotion indescriptible. J’ai vu des soldates pleurer. Et des survivantes retrouver leur fierté. Grâce au cinéma. C’est tout ce dont je rêvais. Merci au festival et à toute son équipe, de nous avoir permis de vivre un instant pareil.

Bourdin-Ramadan

Merci, mes chers confrères, de ne plus m’appeler pour m’inviter à prendre la parole pour commenter l’émission de ce matin.

Depuis le début de cette affaire, en dehors de mes chroniques dans Marianne, je m’exprime le moins possible sur ce sujet. Cette affaire est tombée alors que j’avais déjà décidé de me retirer des médias pour me consacrer à mon film. Je ne travaille plus sur ce personnage depuis des années. Et c’est désormais à la justice d’enquêter.

Que Tariq Ramadan choisisse de sortir de son silence pour s’exprimer, c’est son droit, son moment. Que Jean-Jacques Bourdin, qui l’invite depuis des années, s’empresse de lui tendre le micro en plein Grenelle sur les violences sexuelles, pour la sortie d’un livre sans mea culpa le 11 septembre, c’est son choix. Il ne me surprend pas.

Plusieurs contre-vérités énoncées sur ce plateau, comme cette invention grotesque de « traquenard », ont été démenties par l’enquête. Il suffisait de lire cette chronique pour le savoir et le rappeler.

Sans même parler de l’aspect judiciaire, la parole de Monsieur Ramadan a perdu toute crédibilité. Il est un fait établi que ses mensonges répétés et ses postures victimaires ne pourront plus masquer : ceux qui ont été traités de menteurs pendant des années pour avoir enquêté sur son double discours disaient vrai.

Je n’ai rien d’autre à ajouter. Que la justice passe. Courage à ces femmes qui subissent un lynchage permanent pour avoir osé parler.

Caroline Fourest

PS : Petit aperçu, en illustration, de ce que me vaut un passage de Tariq Ramadan en télé (et ça dure depuis presque quinze ans…)

 

 

 

La bande-annonce de « Soeurs d’Armes » !

Comme un avant-goût… La bande-annonce de « Soeurs d’Armes » !  vient de franchir les 700 000 vues en quelques heures . Merci… Continuez à faire tourner ! Et rendez-vous le 9 octobre au cinéma.

Deux jeunes françaises, Kenza et Yaël, rejoignent une brigade internationale partie se battre aux côtés des combattantes Kurdes. Leur quête croise celle de Zara, une rescapée Yézidie. Issues de cultures très différentes mais profondément solidaires, ces Sœurs d’Armes pansent leurs blessures en découvrant leur force et la peur qu’elles inspirent à leurs adversaires.

Un film de Caroline Fourest

Avec Dilan Gwyn, Amira Casar, Camélia Jordana, Maya Sansa, Esther Garrel, Nanna Blondell, Korkmaz Arslan, Noush Skaugen, Mark Ryder, Youssef Douazou, Filip Crine, Pascal Greggory, Roda Canioglu, Darina Al Joundi, Shaniaz Hama Ali, Roj Hajo, Mouafaq Rushdie

 

Sisters in arms is the history of an international brigade of female volunteers inside the Kurdish Resistance joigned a by a young Yazidi kidnapped and sold as a slave who managed to escape.

Director: Caroline Fourest

Writer: Caroline Fourest

Cast: Dilan Gwyn, Amira Casar, Camélia Jordana, Maya Sansa, Esther Garrel, Nanna Blondell, Korkmaz Arslan, Noush Skaugen, Mark Ryder, Youssef Douazou, Filip Crine, Pascal Greggory, Roda Canioglu, Darina Al Joundi, Shaniaz Hama Ali, Roj Hajo, Mouafaq Rushdie

 

#sistersinarms #soeursdarmes