Archives de la catégorie ‘Articles et billets’

Les homophobes sont allés trop loin à Nantes

avril 14, 2013

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Il faut désormais les appeler par leur nom. La rage, la haine de ces ligues — allant de militants du Front national à des groupuscules fascisants en passant par des Instituts catholiques intégristes formant ce qu’ils appellent le "printemps français" — ressemble à de la phobie… Envers les homosexuels, l’égalité des droits, et la laïcité.

Qu’ils manifestent contre le mariage pour tous, c’est leur droit. Qu’ils tentent de saboter une conférence organisée par le Nouvel Observateur (sur l’Islam au passage), simplement parce que j’y suis, passe encore… Mais qu’ils poussent le harcèlement jusqu’à me poursuivre dans la gare à deux cents, à l’aller comme au retour, en allant jusqu’au contact des CRS, jusqu’à bloquer le train pendant 40 minutes… Avant de faire tourner des consignes pour m’attendre de pied ferme à l’arrivée, à renfort de plus de 300 militants surexcités brandissant des drapeaux français, les insignes des chouans ou du Bloc identitaire, sous la houlette d’un prêtre en soutane déchaîné, au point que 20 cars de CRS ont dû faire barrage et m’exfiltrer pour protéger mon intégrité physique…. c’est un peu, comment dire, "too much".

Je sais bien qu’à force d’enquêtes sur les réseaux intégristes et ultras-nationalistes, je ne suis pas leur journaliste préférée. J’en suis même flattée. Comme dirait Diderot, "il y des hommes dont il est glorieux d’être haï". J’ai bien compris que le fait d’avoir été passée à tabac par des nervis proches de CIVITAS et de Jeunesses nationalistes aux cris de "sale pédale de Fourest" n’avait pas suffit à calmer leur poussée hormonale. Les menaces qui continuent de circuler sur la toile en témoignent. Notamment la fameuse consigne du "Cours, cours, Fourest…", lancée par des leaders de Jeunesses nationalistes depuis quelques jours, reprises en coeur par certains manifestants hier. C’est aussi ce qu’à dit l’un des mes agresseurs de novembre, lors de son identification au commissariat : "Cours, cours Fourest, partout on te rattrapera !" Il s’agit d’un militant du FN 93.

Il est vrai que ce genre de consignes circulent, plus explicitement encore, en bureau politique du même parti. Dans un livre intitulé  Bienvenue au Front – Journal d’une infiltrée, une consoeur rapporte qu’un secrétaire national a fait beaucoup rire ses camarades en fantasmant de me faire enlever et torturer en forêt. Le jour où les nervis de la manifestation de CIVITAS sont passés à l’acte, un autre cadre du FN s’en est félicité : "d’ordinaire, je n’aime pas qu’on tape les femmes… Mais Caroline Fourest est-elle une femme ?". A Nantes, le rendez-vous était notamment donné par Gauthier Bouchet, membre du FN et créateur des pages tweeter de Marine Le Pen et du FN : "Accueil ‘chaleureux’ de Caroline #Fourest en gare de Nantes d’ici une heure, venez nombreux. Vidéo – normalement – dans la foulée."

Je m’attendais donc un une journée sportive, mais j’ai de bonnes chaussures et pas l’intention de me laisser intimider. Alors j’y suis allée. Une journée de chasse à courre, conclue ainsi sur twitter par un autre militant du FN : "Si je pouvais tuer une personne (sans être sanctionné), ce serait Caroline Fourest. Cette femme est méprisable." Tâchons de tendre l’autre joue… Ou du moins d’analyser.

Unknown

Je ne suis pas surprise que, dans un tel climat d’irresponsabilité politique (aucun de ces militants FN n’ayant été rappelés à l’ordre par une sanction), des enragés se mettent en tête de me faire payer mon engagement de toujours pour l’égalité des droits et mon travail journalistique sur l’extrême droite, intégriste ou nationaliste. Mais cet excès va bien au-delà et dépasse de loin le cadre d’un acharnement personnel. Il est politique et révélateur d’un climat plus inquiétant, signant la dérive du champ idéologique vers l’extrême droite… la plus décomplexée.

En venir à harceler, huer, injurier et à se mettre ans de tels états parce que quelques couples vont pouvoir se marier et sécuriser juridiquement leurs enfants, ce n’est pas normal. C’est violent car totalement disproportionné. Mais ce qui est encore moins normal, c’est l’attitude de la droite républicaine, étrangement passive, voire complaisante envers les coups de boutoirs et les appels à la guerre civile venant d’une extrême droite qui rêve visiblement de rejouer le 6 février 1934, jour où les ligues fascistes ont tenté de renverser la République. Qu’ils planifient de déborder les forces de l’ordre, les défient en faisant des saluts nazi, mettent leurs enfants au premier rang des échauffourées, rouent de coups des journalistes, ou bloquent un train — quitte à prendre en otage tous ses usagers — pendant 40 minutes, on ne les entend guère être mis à l’index pour ce qu’ils sont : des extrémistes.

Des membres éminents de la droite républicaine n’y voient que l’expression d’une colère populaire… Mais de quoi parlons-nous ? De salariés menaçant de s’immoler parce que leur usine va fermer et qu’ils vont connaître le chômage à perpétuité ? Non, ce ne sont pas les plans sociaux programmés qui semblent émouvoir ce drôle de peuple. Leur colère est ailleurs, tournée vers le fait que d’autres puissent avoir les mêmes droit qu’eux : se marier et fonder une famille. Quelle démence. Et quelle indécence. Il est temps d’y mettre fin, de reconstruire le barrage républicain et de cesser l’indignation à géométrie variable. On ne peut pas prétendre défendre les valeurs d’égalité et de laïcité uniquement quand elles sont mise à mal par l’intégrisme musulman et fermer à ce point les yeux sur les excès de l’intégrisme catholique. L’égalité et la laïcité ne doivent pas être des zones de clivages exacerbés mais des ères de consensus. L’occasion d’un front républicain, uni contre l’extrémisme et tous les intégrismes qui minent notre société.

Caroline Fourest

Lire aussi :

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130413.OBS7879/caroline-fourest-traquee-aux-journees-de-nantes-du-nouvel-obs.html

4 avril : Amina, 19 ans et 18 jours de captivité

avril 3, 2013

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Demain, sur toute la surface du globe, des milliers d’internautes vont penser à Amina. Cette jeune tunisienne de 19 ans, majeure donc, n’est plus libre de ses mouvements mais séquestrée et gavée de médicaments par sa famille, avec la complicité de la police et d’associations qui se taisent. Punie et retenue prisonnière. Sans avoir commis aucun crime, mais un simple péché aux yeux des puritains : deux photos d’elle torse nu, pour dire que son corps lui appartient : « Mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne ». Depuis, ce corps ne lui appartient plus.

Il est d’abord été menacé par un prédicateur  islamiste, Adel Almi. Craignant que son acte puisse « être contagieux et donner des idées à d’autres femmes », il souhaite qu’Amina soit punie « selon la charia ». Au minimum « 80 à 100 coups de fouet » voire « elle mérite d’être lapidée jusqu’à la mort ». Ses propos choquent de nombreux Tunisiens, mais pas au point de soutenir Amina ni de demander à la protéger. Elle se sent pourtant en danger et appelle à l’aide les FEMEN, avec qui elle est en contact depuis quelques jours. Elle doit se cacher chez des amis. Une branche de sa famille, l’inquiète tout particulièrement. Sur internet, une tante la décrit comme « psychopathe » et invite tout Tunisien à la dénoncer à la police. Plusieurs internautes Tunisiens prennent le relais, la signalent comme folle auprès de ses soutiens français, voire en voie d’être internée.

Pourtant, depuis des jours, la jeune femme tient bon et argumente. Elle donne des interviews, répond aux questions des journalistes et participe même à une émission très vue en Tunisie, où elle déjoue les critiques de manière très posée et structurée. Puis soudainement, Amina ne répond plus. Ni aux médias, ni à ses amis, ni à ses soutiens.

Un indice apparaît sur la toile. Le 18 mars, une vidéo la montre poussée dans un véhicule, garé à contresens dans l’avenue Habib Bourguiba, à quelques mètres seulement du ministère de l’intérieur. Des hommes agissant comme des policiers en civil forment un cordon. Amina a le bras tordu dans le dos par un proche, qui la pousse. L’attroupement laisse penser qu’il y a eu de la résistance. Où emmène-t-on ainsi Amina ? A l’hôpital psychiatrique ? En prison ? De force dans sa famille ? Pendant quelques jours, il faudra deviner. Puisque son téléphone est éteint et ne répond plus.

Quelques jours plus tard, un autre indice apparaît sur la toile. Dans une nouvelle vidéo, la tante d’Amina appelle « ses frères musulmans » à éradiquer les images dégradantes de sa nièce, accuse les Femen de complot, exhorte les religieux à éradiquer la drogue et la pornographie. Elle revendique surtout l’enlèvement, avec l’aide de policiers. Pour son bien, et surtout celui de « sa famille pieuse ». Ils la garderont le temps qu’il faudra pour qu’elle cesse d’être folle et redevienne normale. On la signale d’un hôpital psychiatrique de Tunis. Ses soutiens vérifient et ne trouvent rien.

La mobilisation, elle, a commencé. Depuis Londres, Mariam Namazie, une réfugiée iranienne, propose une journée internationale de soutien pour le 4 avril. Une vingtaine de personnes signent un appel à sa demande, dont Aliaa Magda Elmahdy, Kareem Amer, 
Jacek Tabisz, 
Nadia El-Fani, 
Richard Dawkins, Sundas Hoorain, 
Tarek Fatah, Taslima Nasrin, et moi même.

L’appel est repris par Luciano Barotto qui lance depuis l’Argentine, une pétition sur change.org et recueille plus de 100 000 signatures en quelques jours. Pendant ce temps, sur le site des FEMEN, des centaines de femmes et quelques hommes posent torses nus en soutien à Amina. D’abord massivement d’Amérique latine, puis du Golfe (Bahreïn), du Maghreb (Algérie, Maroc), mais aussi d’Egypte et d’Iran.

A Paris, l’ambassadeur aux droits de l’homme, François Zimeray, suit l’affaire de près. L’ambassade française à Tunis se renseigne, mais rien ne bouge. La diplomatie a beau dire mettre les « droit des femmes » au cœur de ses préoccupations, ce ne sont pour l’instant que des mots… Surtout lorsqu’il s’agit de la Tunisie. D’autant qu’une avocate connue, Bochra Bel Hadj Hmdia, dit représenter Amina et se veut rassurante. Elle est en vie, dans « sa famille », et « tout va bien ». Circulez, il n’y a rien à voir… Ses soutiens demandent à la voir pour le croire.

Le 27 mars, la  journaliste de Marianne, Martine Gozlan, y parvient enfin. Les soutiens d’Amina l’ont mise en relation avec un ami à elle, ils connaissent son nom de famille, le numéro de téléphone de sa mère et la ville où on la détient. La journaliste se rend sur place et va convaincre cette mère de la laisser s’entretenir quelques minutes avec Amina. Elle en sortira bouleversée. Même sous haute garde et mise sous camisole chimique, la jeune femme confirme qu’elle ne regrette rien, qu’elle soutient les FEMEN, qu’elle a été enlevée, malmenée par un cousin violent, qu’elle n’est pas libre et qu’elle veut retourner à l’école. Sa famille n’y songe pas. Ils sont décidés à la garder.

Ils ne consentent qu’à la laisser sortir dehors quelques minutes par jour sous haute escorte à la demande de l’avocate, qui est enfin allée voir Amina, accompagnée de journalistes de Canal +. Ils ne l’apercevront que de loin, en pyjama et visiblement groggy.

Que font les défenseurs des droits de l’homme et des femmes en Tunisie ? Vont-ils se lever contre la séquestration d’une majeure avec l’aide de la police ? Ils le disent, mais à voix basse.

Hormis deux personnalités tunisiennes, Nadia El Fani et Raja Ben Slama, peu donnent publiquement de la voix pour exiger des explications.

Une tribune de Kareem Amer , bloggeur égyptien torturé sous Moubarak, s’émeut de tant de lâcheté.  Sa signature est modifiée pour m’être attribuée par deux sites, dont un proche de l’Iran, dans le but de dénoncer une forme d’ingérence. Les éternels partisans du « charbonnier est maitre chez soi » se déchaînent. A partir de fausses informations et de rumeurs.

La campagne de soutien ne se laisse pas intimidée. Un site — Free Amina http://freeamina.blogspot.fr/2013/03/nouvelles-au-sujet-damina.html— se créée pour demander des comptes aux institutions tunisiennes, qui n’ont pas su protéger l’une de ses citoyennes. 34 000 courriers sont envoyés grâce une centaine de cybermilitants à travers le monde.

Le forum social mondial vient de s’ouvrir à Tunis. On espère un cri, un sursaut. Mais rien ne se passe. Des ateliers sont trop occupés à applaudir Tariq Ramadan ou les islamistes-capitalistes au pouvoir. D’autres ont mieux à faire. Après tout, qu’est-ce que la liberté d’expression et les droits des femmes… Tout va bien, on vous dit. Les portes parole de la famille prétendent même qu’elle retournera à l’école le 1er avril. Un mensonge de plus, qui sert juste à démobiliser

Nous sommes le 4 avril. Amina n’est pas à l’école mais toujours séquestrée. A l’appel de Maryam Namazie, plusieurs rassemblements vont être organisés devant les ambassades et consulats tunisiens : Malmo, Gotenburg, Stockholm, Bremen, Bonn, Frankfurt, London, Vancouver…

Les FEMEN ont également prévu d’agir. A leur façon. Radicale et provoquante. Qu’on aime ou non leur mode d’action, il faut bien avouer que la modération n’a pas payé… Certaines s’impatientent, voudraient frapper fort, et finiront sans doute par aller trop loin. Au risque de mettre en danger celle qu’elles veulent sauver.

J’apprends, en finissant ce texte, qu’une FEMEN d’origine tunisienne est allée brûler un drapeau salafiste devant… La Mosquée de Paris. Consternant choix sachant que la Mosquée de Paris est régulièrement attaquée par les salafistes en raison de sa modération. Mais ça n’est pas l’important.

Il faut regarder au-delà. Car le cas d’Amina dépasse largement le cadre d’un seul groupe ou d’un seul mode d’action.

Comme Aliaa avant elle, l’acte d’Amina a montré la voie à des milliers de femmes et résonne dans plusieurs régions à la fois. Ces femmes savent, désormais, combien leur corps est l’objet d’une guerre et donc une arme pour résister. Avec ou sans couronne de fleurs, sans forcément partager toutes les mêmes slogans, elles continueront, chacune à leur manière, une lutte engagée depuis des siècles… Contre la psychiatrisation et le musèlement des femmes libres. Que ce soit au nom de la tradition, de la religion ou de l’ordre établi. Un ordre dépassé, agonisant, et qui sera un jour aboli.

Le 4 avril, chacun à notre façon, soutenons Amina. 19 ans et déjà 18 jours de captivité.

Caroline Fourest

http://carolinefourest.wordpress.com

Dernières nouvelles d’Amina

mars 26, 2013

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La mobilisation porte ses fruits. Les membres de la famille d’Amina qui, il y a quelques jours encore, la reniaient et demandaient à ce qu’on la dénonce à la police font machine arrière… et jurent que tout va bien, que la police les a aidé à la retrouver, qu’elle est avec eux, mais que tout va bien…

La tante, qui a tenu des propos particulièrement atroces dans plusieurs vidéos sur sa nièce, baisse d’un ton et promet pour bientôt un enregistrement d’Amina disant qu’elle va bien et qu’il faut arrêter la campagne…

Un enregistrement audio. Pourquoi audio ? Si tout va bien, Amina devrait facilement pouvoir contacter FEMEN par skype et demander, de visu, à arrêter la campagne. Nous attendons donc ce contact visuel pour très bientôt.

Pour lire ma tribune sur le Huffington Post : http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/amina-femen-tunisie_b_2953971.html?utm_hp_ref=france

Ma chronique sur France Culture : http://www.franceculture.fr/emission-le-monde-selon-caroline-fourest-amina-premiere-femen-de-tunise-2013-03-26

Libérez Amina ! Free Amina !

mars 24, 2013
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Attention à l’intox. Quelqu’un (de la famille ?) se fait passer pour Amina pour rassurer des journalistes et des personnalités tunisiennes — qui s’empressent de le relayer — en vue de désamorcer la vigilance et la mobilisation… Aucune de ces personnes ne connait Amina de visu et ne lui a parlé en vrai depuis sa disparition. Toutes les personnes qui la connaissent et sont proches d’elles sont sans nouvelles… Dès que nous demandons à parler à Amina via skype et à voir son visage, le contact est rompu (c’est donc une usurpation de son compte). La dernière image d’Amina la montre en train d’être conduite de force dans une voiture. Nous demandons à l’entendre et à la voir pour qu’elle nous dise, de visu, qu’elle est libre, de ses mouvements et de sa parole.

http://www.arabia5.com/1361/عاجل-الطفلة-إلي-عر-ات-روحها-علينا-كو-ر-بيها-بوها-و-خوها-هههه/

La dernière image que nous ayons d’Amina ? Une vidéo la montrant victime d’un enlèvement public, sous haute garde (notre témoin parle de policiers présents aux côtés de membres de sa famille), avenue Bourguiba… Depuis son téléphone est éteint et Amina a disparu.

Free Amina ! Libérez Amina !

La disparition d’Amina, l’activiste Femen Tunisienne prend un tour plus politique dans la mesure où la police tunisienne est impliquée dans l’enlèvement d’une citoyenne majeure.

Une campagne  internationale d’envergure pour faire libérer Amina est lancée.

http://freeamina.blogspot.fr

Le 24 mars 2013 à 9h30, 830 courriers ont été envoyés. 53 personnes se sont portées volontaires pour ne pas abandonner Amina.

Pour participer, il faut demander aux autorités tunisiennes et à leurs représentants des explications sur le kidnapping d’Amina.

http://freeamina.blogspot.fr/2013/03/adresses-qui-demander-des-explications.html

Par fax, par mail, par téléphone.

N’hésitez pas à relayer les actions, les pétitions, les articles et les tribunes sur Facebook et sur twitter #FreeAmina.

Voici un modèle de lettre en arabe

http://freeamina.blogspot.fr/2013/03/blog-post.html

Voici un modèle de lettre en français.

http://freeamina.blogspot.fr/2013/03/liberez-amina.html

Nous vous recommandons, si vous envoyez de nombreux mails de ne pas le faire de votre boite personnelle qui risque d’être hackée.

Envoyez nous toutes les informations utiles à freeamina@gmail.com (nouvelles adresses, nombre de courriers envoyés, actions…). Le site sera régulièrement mis à jour.

Groupe  #FreeAmina

http://freeamina.blogspot.fr/2013/03/tribunes-pour-la-liberation-damina.html

http://freeamina.blogspot.fr/2013/03/actions-pour-la-liberation-damina.html

4 Avril 2013: Journée internationale pour la défense d’Amina, elle nous représente

mars 22, 2013

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Amina, une Tunisienne de 19 ans ayant posté une photo d’elle torse nu portant le slogan «mon corps m’appartient, et n’est pas la source de l’honneur de personne" a été menacée de mort.

L’intégriste religieux Adel Almi, président d’Al-Jamia Al-Li-Wassatia Tawia Wal-Islah, a appelé à la flagellation d’Amina et sa lapidation à mort en expliquant que ses actions allaient porter malheur et provoquer "des épidémies et des catastrophes», qu’elle «pourrait être contagieuses et donner des idées à d’autres femmes … "

Nous, soussignés, soutenons Amina, et demandons que sa vie et la liberté soient protégés et ceux qui l’ont menacée immédiatement poursuivis.

Le 4 Avril 2013, nous appelons à une journée internationale pour la défense d’Amina.

Amina nous représente tous.

Au jour et au-delà, les groupes et les individus peuvent se joindre à nous en postant des photos d’eux seins nus, de leur activisme sur les réseaux sociaux, signer la pétition, ou tweeter # Amina, écrire des lettres pour sa défense, et plus encore.

Le 4 Avril, nous rappellerons aux islamistes et au monde entier que l’épidémie réelle mais que la vraie catastrophe devant être combattue est la misogynie – islamique ou autre.

Premiers signataires

Aliaa Magda Elmahdy, égyptienne révolutionnaire
Alina Isabel Pérez, cinéaste
Amanda Brown, fondateur de "Nous sommes athées"
Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes
Arash T. Riahi, directeur de film
Caroline Fourest, écrivain et journaliste, co-réalisatrice du film : "Nos seins, nos armes !"
Darina Al-Joundi, actrice libanaise et auteur de "Le Jour de Nina Simone a cessé de chanter"
Deeyah, Compositeur de musique et cinéaste; plus récent film "Banaz: A Love Story" sur un crime d’honneur
Elia Tabesh, les femmes iraniennes à l’appui de photos Calendrier Nu révolutionnaire
L’égalité des droits maintenant – Organisation lutte contre la discrimination des femmes en Iran
Fariborz Pooya, iranienne Secular Society
Farzana Hassan, écrivaine
Fatou Sow, président de la Groupe de recherche sur les Femmes et les Lois au Sénégal
FEMEN
Fiammetta Venner, cinéaste et écrivain
Greta Christina, écrivain et blogueur
Houzan Mahmoud, porte-parole de l’Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak
Inna Shevchenko, porte-parole de FEMEN
Comité international contre l’exécution
Comité international contre la lapidation
Jacek Tabisz, président de la Société rationaliste polonais
Joseph Paris, Radical Cinéma
Kareem Amer, blogueur égyptien
Kian Azar, de la jeunesse communiste Organisation
Marian Tudor, président de l’Association roumaine pour l’émancipation des travailleurs
Marieme Helie Lucas, sociologue algérien et fondateur de la laïcité est une affaire de femmes
Maryam Namazie, militante et porte-parole pour l’égalité des droits Now – Organisation lutte contre la discrimination des femmes en Iran et initiateur du Calendrier Photo Nu révolutionnaire
Mina Ahadi, porte-parole du Comité international contre la lapidation et le Comité international contre l’exécution
Nadia El-Fani, cinéaste tunisienne, films récents : "Ni Allah, ni maître" et "Nos seins, nos armes !"
Nahla Mahmoud, chercheur soudanais et défenseur des droits
Nina Sankari, président de la Pologne Initiative Féministe Européenne et laïque
Richard Dawkins, scientifique
Rumy Hassan, écrivain
Safia Lebdi, co-fondatrice de Ni Putes ni Soumises
La laïcité est une affaire de femmes
Soad Baba Aïssa, militante des droits des femmes
Sohaila Sharifi, militante pour les droits des femmes iraniennes
Sundas Hoorain, avocat des droits humains du Pakistan
Tarek Fatah, écrivain
Taslima Nasrin, écrivain bangladaise

Pour signer vous aussi

Plus d’informations sur le site FB de FEMEN

L’enjeu de l’affaire Baby Loup

mars 21, 2013

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Après le jugement de la Cour de cassation, relisez la chronique de France Culture consacrée à l’affaire Baby Loup en décembre 2010 (publiée dans Quand la gauche a du courage chez Grasset)

Baby Loup, c’est le nom de cette crèche de Chanteloup les vignes. Elle est menacée par la plainte aux prud’hommes d’une salariée portant un jilbab. Un voile noir couvrant à l’exception d’une ovale pour le visage… Quitte à menacer une structure pensée pour aider les familles du quartier.

Le dossier est complexe et mérite d’être compris dans son contexte.

Exilée chilienne, la fondatrice de la crèche, Natalia Baleato, lutte depuis des années pour créer un climat serein et égalitaire. Elle veille à ce que les enfants ne jouent pas avec des jouets sexistes. Elle refuse de réveiller les enfants à l’heure de la prière comme le lui demandent certains parents. Elle exige de ses salariés une tenue neutre. Son adjointe a elle même a fait respecter cette consigne en priant une salariée de ne pas venir voilée. C’est cette même adjointe qui porte aujourd’hui plainte pour exiger le droit de travailler à la crèche en voile long. Un choix qu’elle a fait à son retour d’ un congé maternité… qui a duré six ans. Dès son retour, elle multiplie les sources de contrariété et cherche visiblement un accord financier pour être licenciée avec indemnités. Le voile fait partie du chantage. Ce qui serait une banale affaire de prud’homme si la HALDE, la Haute autorité de lutte contre les discriminations, ne s’en était pas mêlée…. En consacrant « la liberté religieuse absolue » de cette salariée.

Entendons-nous bien, il y a des cas où cette discrimination existe. Et où les service juridique de la HALDE rendent des avis parfaitement justifiés. Par exemple lorsqu’une auto-école a refusé de donner des cours de conduite à une femme portant un voile simple. Dans ce cas, nous sommes clairement devant un refus de prestation de service tombant sous le coup des lois antiracistes.

Le cas Baby loup est plus complexe. Certes, il s’agit d’une crèche privée, mais financée par des fonds publics pour rendre une mission de service public. D’où l’alerte lancée par Elisabeth Badinter, la marraine de la crèche. Et le soutien d’homme politique comme Manuel Valls. Rarement les Prud’hommes de Mantes-la-jolie avaient vu autant de monde lors du procès. L’avocat de la crèche, Richard Malka, a rappelé qu’une jurisprudence autorise les entreprises à restreindre la liberté vestimentaire de leurs salariés pour un « motif légitime ».

C’est le cas d’une entreprise ayant souhaité se séparer d’un employé qui ne voulait plus venir qu’en bermuda. Il a perdu tous ses recours. Dans le cas du voile, ce motif se juge au cas par cas, en fonction du lieu, du poste et surtout de l’activité. En l’occurrence, nous parlons d’une crèche qui devrait bénéficier du statut de « service public ». Espérons que les assesseurs des prud’hommes aient compris cet enjeu.

Caroline Fourest

France Culture, décembre 2010

En l’occurrence, les juges de la Cour de Cassation ne l’ont pas compris… La solution est donc, qu’à l’avenir, les crèches privées faisant oeuvre de service public se dotent d’une charte qui prohibe les signes religieux ostentatoire et les dérogations religieuses pouvant nuire à l’accueil, en toute neutralité, des enfants.

Et non, les Identitaires ne sont pas FEMEN…

février 15, 2013

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En guise de Saint Valentin, 6 militants de Projet Apache – Génération identitaire sont venus visiter le Lavoir moderne, siège des FEMEN, hier soir. Pour déposer des fleurs et un petit mot « La galanterie n’est pas une obsession ». Façon de dire : nous ne serons pas toujours aussi courtois à l’avenir… L’un des responsables du Lavoir qui les a suivi pour les prendre en photo a été molesté.

A ceux qui ne comprennent toujours pas la différence entre envahir le toit d’une Mosquée au nom de l’identité en déployant une banderole se référant à Charles Martel, et mener des actions seins nus au nom du droit des femmes contre toutes les religions, il est vraiment temps d’apprendre à faire la différence entre blasphème et racisme, comme au moment des caricatures sur Mahomet…

Les identitaires, eux, ont très bien compris. Et sont d’ailleurs l’objet, avec Jeunesse nationalistes, de mon prochain film. Mardi prochain à 20H35 sur France 5. A suivre.

Les Réseaux de l’extrême : audience record !

février 13, 2013

848 000 téléspectateurs hier soir pour les "radicaux de l’Islam". C’est le record depuis le début de la saison pour cette case. Merci à tous ceux qui étaient devant leurs écrans ! Ne ratez pas les deux derniers épisodes la semaine prochaine !

"Les enragés de l’identité" (sur les ultras-nationalistes et les identitaires anti-Islam) suivi des "Naufragés de Sion" (Les obsédés du conflit Israélo-Palestinien, antisémites ou ultras-sionistes).

Mardi 19 février à partir de 20h35 dans "Le Monde en Face"

LES RADICAUX DE L’ISLAM

février 12, 2013

Après Les Obsédés du complot, Caroline Fourest enquête sur les islamistes. Qu’ils soient salafistes ou Frères musulmans, ils placent leur vision de Dieu au-dessus des hommes. Ce film explique les nuances politiques de ces deux courants de l’Islam.

Comme pour chaque volet de cette série, Caroline Fourest construit son enquête en plusieurs temps. Ceux de l’explication et du décryptage, et enfin celui de la confrontation. Celle-ci a lieu avec l’imam fondamentaliste Tareq Oubrou, de Bordeaux, qui se réclame davantage de l’Islam spirituel que politique. Auparavant, la journaliste a interrogé Séverine Labat, chercheuse au CNRS : « L’islamisme n’est pas une religion, c’est une idéologie politique à base de religieux… Il y a presque autant d’islamistes que d’islamismes. »Il faut pourtant distinguer deux idéologies : celle des Frères musulmans, créés en Egypte en 1928 par Hassan el-Banna, le grand-père de Hani et Tariq Ramadan, et le salafisme littéraliste, qui connaît deux tendances. D’un côté, les fondamentalistes qui prônent un recul de la sécularisation et ne font pas de politique et, de l’autre, les djihadistes qui veulent par la violence imposer un Etat islamiste à la société. « Les musulmans laïques, ce sont les pires pour eux, parce que ce sont des frères qui ne sont pas dans la ligne… Les principales cibles des djihadistes, ce sont les musulmans. »

Hassen Chalghoumi, l’imam de la mosquée de Drancy, le sait bien, lui qui incarne cet Islam apaisé. Sous protection policière, il continue de résister à la propagande des tenants d’un Islam radical qui développe une rhétorique antisémite et antilaïque. Il n’hésite pas à dénoncer un double discours : « Ils sont très intelligents, ils ont la langue des politiques. » Une stratégie que Caroline Fourest propose de décoder, en décortiquant le fonctionnement de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), cette branche fondamentaliste et politique de l’Islam, et celui de l’école de pensée de ses dirigeants et prédicateurs, celle des Frères musulmans. Un mouvement politique qui pratique la réislamisation par le bas via l’encadrement éducatif et social.

SÉRIE DOCUMENTAIRE : mardi 12 février à 20h35

DURÉE 4 X 52’

AUTEURE-RÉALISATRICE CAROLINE FOUREST

PRODUCTION ET LA SUITE… ! (PRODUCTIONS), AVEC LA PARTICIPATION DE FRANCE TÉLÉVISIONS

ANNÉE 2012

Revoir le film en replay

98% des délinquants sont des enfants d’hétérosexuels

janvier 19, 2013

La mauvaise foi des opposants au mariage pour tous ne semble pas avoir de limites. Visiblement à court d’arguments, certains sites diffusent en boucle un extrait de moi sur BFM TV qu’ils entendent ainsi :  98% des enfants d’hétérosexuels sont délinquants. Alors que mon propos est inverse : rappeler que 98% (et même plus !) des délinquants sont des enfants d’hétérosexuels

Pour répondre au procès d’intention, sous-jacent mais bien présent, selon lequel les couples homosexuels qui éduquent des enfants font forcément des délinquants !

Ceci dit, je trouve l’exercice très instructif. A force d’être homophobes, certains finissent par ne plus mesurer la violence de leurs généralités sur les enfants des autres… Grâce à ce malentendu, ils vont peut-être ressentir ce que ressentent les familles homoparentales, parents et enfants, face à ces préjugés.

Caroline Fourest 

 

Belle année 2013

janvier 1, 2013

vous/nous souhaite une année 2013 plus égalitaire, plus féministe, plus laïque, plus juste, et plus calme… Ah mince, j’oubliais. Les voeux ne se réalisent que si on se bat. Et ça, ça veut dire fâcher les dominants, les anti-féministes, les intégristes et les racistes en même temps… Alors tant pis. Ne souhaitons pas une année 2013 plus calme et continuons à exiger tout le reste !

Caroline Fourest

Manifestation CIVITAS : 5 agresseurs arrêtés

novembre 29, 2012

Hier, la police (le SIT, dont je tiens à saluer l’écoute et l’efficacité) a arrêté 4 des agresseurs de dimanche, parmi les plus violents. Un cinquième a été arrêté le lendemain.

Ils appartiennent effectivement mouvement Jeunesses nationalistes, au GUD et/ou au service d’ordre de CIVITAS.

L’un de mes agresseurs est un militant bien connu du FN 93. Il m’a re-menacé lors de l’identification, depuis la glace  sans tain : "Fourest. On te retrouvera, partout en France !"

J’envisage également de porter plainte contre un secrétaire de section du FN, ancien candidat aux législatives, qui a approuvé l’agression sur Twitter et l’a salué en l’accompagnant d’injures.

 

Caroline Fourest

Communiqué du 29 novembre 2012

Le Parisien a filmé une partie du tabassage

novembre 19, 2012

Sur cette vidéo, on entrevoit la première agression..

Merci à tous pour vos très nombreux messages. J’ai un peu l’impression d’être passée sous un train… de bottes, mais tout va bien. J’ai de gros bleus et des hématomes, au dos, au coude, et sur les jambes, un tibia très enflé, qui me fait boîter, mais rien de cassé. Ni physiquement, ni moralement. Caroline Fourest

Récit d’une agression ultra-violente à la manifestation de CIVITAS

novembre 19, 2012

tabassage

Contrairement à ce que je lis dans certains articles, il ne s’agit pas d’une simple "bousculade" ou "prise à parti".

Alors que les militantes des FEMEN venaient d’arriver coifées comme comme des nonnes, seins nus et en scandant "In gay we Trust", qu’elles arrosaient la foule de mousse blanche, certains membres du service d’ordre et des militants catholiques les ont roué de coups. En hurlant "on hait les gouines".

Elles se sont repliéesplus loin de la manifestation pour chanter des "Marie Marions-nous" un peu plus loin lorsque des nervis nationalistes-révolutionnaires ont fondu sur elles en criant "allez mes camarades !".

Ils les ont tabassés à coups de pied, de poings et de casques de moto. Leur attrapant les cheveux, sautant sur elles à pieds joints. Hurlant des injures sexistes (salopes) et homophobes (sales gouines), auxquelles se sont joint des passants propres sur eux, sans jamais porter au secours aux agressées. Un prêtre a même encouragé les agresseurs en leur criant " allez montrer votre virilité" !

Inna Schevchenko, militante ukrainienne des FEMEN, a une dent cassée et le dos recouvert de bleus. D’autres filles ont été blessées. Les nervis ont aussi agressé la presse et les journalistes qui filmaient.

Voyant mon appareil (mais sans me reconnaître dans un premier temps), ils m’ont jetée au sol. Ma tête a violemment heurté le bitume quand j’ai senti les coups de pieds pleuvoir, sur tout mon corps. Je me suis relevée.

L’un des agresseurs a arraché mon bonnet et ils m’ont reconnu. Je leur ai tenu tête. Ils ont hurlé mon nom en menaçant : "cours sale pute".

Avant  de me pourchasser pour me tabasser une seconde fois. A coups de poings dans le dos, il m’ont fait tomber au sol, reprise des coups de pieds. Je me suis relevée. D’autres ont repris la chasse à coup de poing dans le dos et dans la tête. Jusqu’à ce qu’une voiture de police arrive et que je sois hors de portée.

Sur les images, fiers de leur violence, des nervis masqués chantent "Jeunesse nationaliste !", le cri de ralliement de l’un des groupes d’extrême droite les plus violents créé récemment.

Caroline Fourest

Le Parisien a filmé une partie de mon agression : cliquer ici

Petite précision, FEMEN n’est pas un groupe lesbien mais féministe…

http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid2800-c-le-jt-de-canal.html

Mariage pour tous : le débat

octobre 7, 2012

Partie 1

 

Partie 2

Quand Christine Boutin nous promet des révoltes…

 

Partie 3

A la fin, passionnant débat sur les fantasmes des psychanalystes…

 

Partie 4

 

Partie 5


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