‘Sisters In Arms’ Celebrates Women Kurdish Fighters In Anti-ISIS Fight (NPR)

MICHEL MARTIN: Before President Trump decided to pull U.S. troops out of northern Syria earlier this month, Americans on the ground were fighting alongside Kurdish forces there. It was a key partnership that helped defeat ISIS in And Kurdish women soldiers were an integral part of that effort. A new French movie celebrates a different narrative of women in war. NPR’s Eleanor Beardsley has this report.

(SOUNDBITE OF FILM, « SISTERS IN ARMS »)

UNIDENTIFIED ACTOR: (As character) At that time, I did not know what they could do to us.

(SOUNDBITE OF GUNSHOTS)

ELEANOR BEARDSLEY: « Sisters In Arms » is a fictional war movie based on real life female Kurdish fighting brigades. The movie’s main characters are foreign recruits from Europe and America and a young Yazidi woman who escapes from sexual slavery with ISIS to join the Kurds. This is the first film of French journalist Caroline Fourest, who once worked at the satirical weekly Charlie Hebdo. Fourest says after a terrorist attack on the magazine that killed her colleagues in 2015, she needed to transform her rage and pain into something bigger.

CAROLINE FOUREST: It was a necessity for me to use another language, and fiction was this language. And also, I felt a very strong physical need to be among those fighters. Usually during the wars, and we are used to that, the body of the woman is the battlefield. In this conflict, their body was also a weapon.

(SOUNDBITE OF FILM, « SISTERS IN ARMS »)

UNIDENTIFIED ACTOR: (As character) Once women rebel, they are erased from history, erased from society and sent back home.

BEARDSLEY: Former Washington Post correspondent Jon Randal, who has written extensively on the Kurds, says the gender equality in its army appealed to American soldiers.

JON RANDAL: The fact that there were women in combat units and commanding combat units, all this of course made them stand out. It was extremely useful for explaining this odd relationship with the American military.

BEARDSLEY: Randal says the Americans trained the Kurds to call in airstrikes on ISIS units, but it was the Kurds who did the fighting and dying on the ground in the war against ISIS.

RANDAL: Basically, the Kurds – men and women – they’re the cannon fodder. They were the infantry. I think six American soldiers were killed. And at last count, the Kurdish losses were 10,500.

KENDAL NEZAN: (Foreign language spoken).

BEARDSLEY: Kendal Nezan is head of the Kurdish institute in Paris. He’s seen the movie three times.

KEZAN: (Foreign language spoken).

BEARDSLEY: Nezan recites an old Kurdish proverb – a lion is a lion, no matter if it’s male or female. He says the West first discovered Kurdish female brigades during the Crimean war in the 19th century.

KEZAN: Westerners were amazed to find Kurdish women fighting the Russians alongside with the Ottoman empire. And so they called them the Kurdish Amazon.

(SOUNDBITE OF FILM, « SISTERS IN ARMS »)

UNIDENTIFIED ACTORS: (As characters, ululating).

BEARDSLEY: In the film, the women sometimes ululate as they attack. Fourest says the Kurdish guerrillas told her jihadists feared being killed by a woman.

FOUREST: You have to understand, those jihadists, sometimes they’ve been caught with a spoon around their neck because they thought that just after the death, they will have dinner with the prophet. And they were all so superstitious that being killed by a woman can really deprive them from heaven.

BEARDSLEY: « Sisters In Arms » came out in France the day the Turkish incursion into northern Syria to oust the Kurds began. Sixty-year-old Camille Azoulay had tears in her eyes as she left the cinema.

CAMILLE AZOULAY: (Foreign language spoken).

BEARDSLEY: « Because of what’s happening right now, this film is even more poignant and tragic, » she says. Director Fourest hopes her film will make the West realize what the Kurds have sacrificed. Eleanor Beardsley, NPR News, Paris.

National Public Radio, Inc

Eleanor Beardsley
663 mots
20 octobre 2019

« Soeurs d’armes » aux « Grandes Gueules »

Extraits de mon grand oral aux « Grandes Gueules ». L’occasion d’une petite mise au point face à certaines critiques idéologiques, et non cinématographiques. Les trois chroniqueurs de l’émission chargés de donner leur avis sur le film ont unanimement salué le film comme « bouleversant » et « important ».

Marie-Anne Soubré aux « Grandes Gueules » : « Ce film m’a bouleversée… Vous êtes une cinéaste.(…) Peu importe les polémiques, la claque on la prend !  »

Didier Giraud des « Grandes Gueules » : « Ce film vient nous chercher dans notre confort ».

Jérôme Marty des « Grandes Gueules » : « Ce film est important (…) Il doit être vu par tout le monde ».

Plus haut en compagnie d'Asrin Abdallah (commandante et porte-parole des combattantes Kurdes du YPJ) à la Une

Chers camarades, « Soeurs d’Armes » n’est pas un tract !

Un compte twitter anonyme créé il y a quelques jours, en octobre 2019, prétend parler au nom des « combattantes et combattants francophones du Rojava » pour se plaindre de « Soeurs d’armes ». Le film porterait atteinte à leur « moralité » révolutionnaire. Parce qu’il ose montrer qu’il arrive qu’on boive et qu’on tombe amoureux en faisant la guerre !

Cher jeune militant, croisé la veille de ce communiqué à France Inter, ne perdez pas votre temps à nourrir les trolls Turcs contre un film qui rend hommage aux Kurdes… Il y a plus urgent. Dénonçons ensemble cette invasion infâme.

Les représentants du Rojava en France, à qui j’ai montré le film parmi les premiers, l’aiment et le soutiennent. C’est l’essentiel pour moi.

La « morale » que vous prétendez défendre comme jeunes Français pour ne pas choquer les Kurdes et les Arabes témoigne d’un exotisme douteux. Une bigoterie de plus, dans un monde déjà bien malade de l’intégrisme. J’ai justement voulu montrer l’humain que vous cherchez à taire. Le meilleur d’entre vous et de nous.

Des amis engagés parmi les Kurdes qui m’ont confié que oui, bien sûr, malgré des règles très strictes du YPJ, il arrivait de craquer, de boire et de s’aimer. Ce n’est pas grave. Juste la preuve que l’humanité résiste à l’adversité comme à la discipline.  C’est cette matière humaine, paradoxale, qu’un film peut donner à voir et à ressentir.

Ce film n’est pas un tract, et j’en suis fière. C’est une fiction. Les scènes de combat y sont forcément plus spectaculaires que dans la vraie vie, où 90% du temps consiste à attendre, parfois des bombardements. Ce que le film montre aussi.

Il ne prétend représenter aucun groupe en particulier, ni entrer dans les divisions. Il fusionne délibérément les mouvements kurdes sous un drapeau commun. Car ce n’est pas toujours pas un tract… Mais une utopie.

Il exprime ma vision, comme cinéaste, de l’affrontement entre féminisme et fanatisme. Elle enrage les fanatiques. Si elle trouble en plus quelques sectaires, c’est qu’il est bien vivant et libre. Comme un film doit l’être.

Allez, bon film à tous ! Faites-vous une idée par vous-mêmes !

Caroline Fourest

Caroline Fourest en compagnie de Salih Muslim, du PYD Syrien.

Ici en compagnie d’Asrin Abdallah (commandante et porte-parole des combattantes Kurdes du YPJ)

Plus haut en compagnie d'Asrin Abdallah (commandante et porte-parole des combattantes Kurdes du YPJ)

 

La représentation officielle du Rojava a tenu à publier ce communiqué. « La représentation en France de l’auto-administration du Rojava récuse formellement le communiqué publié par le CCFR à propos du film de Caroline Fourest, « Soeurs d’armes » qui rend un bel hommage à nos combattantes. Tout comme Patrice Franceschi, elle est une amie des Kurdes. Le CCFR, devrait plutôt communiquer sur l’agression dont nous sommes victimes de la part de l’armée turque et ses terroristes. Khaled Issa. »

 

 

« Soeurs d’Armes » sort enfin en salles et a besoin de vous !

Chers amis,

J-1. Après quatre ans de travail acharné, « Soeurs d’Armes » sort enfin en salles (le 9 octobre). La suite de cette histoire dépend de vous. Sans vous, le film risque de ne tenir que quelques jours à l’affiche. Le meilleur moyen de l’aider à vivre est d’aller le voir très vite, dès le premier jour, pour lui permettre de se lancer.

J’ai réalisé ce film pour que personne ne puisse oublier le rôle des femmes dans cette guerre, ni le courage des Kurdes. Pour qu’on ne les abandonne pas. Un abandon dont il est question dans le film… Et voilà qu’il sort au moment même où la trahison américaine se confirme.

Les Kurdes de Syrie, nos alliés, risquent à tout moment de se faire massacrer. De jeunes volontaires internationales qui les ont rejoint, comme dans le film, sont mortes il y a quelques mois sous les bombes turques. Ne les oublions pas.

Ce film est dédié à toutes celles qui on perdu leurs vies pour sauver les nôtres. Mon voeu le plus cher est qu’il rencontre le plus grand nombre, dans tous les pays. Qu’ils puissent nous unir autour de leur courage. Pour faire ensemble bouclier.

Merci de venir en salles, de votre soutien, et bon film !

Deux jeunes françaises, Kenza et Yaël, rejoignent une brigade internationale partie se battre aux côtés des combattantes Kurdes. Leur quête croise celle de Zara, une rescapée Yézidie. Issues de cultures très différentes mais profondément solidaires, ces Sœurs d’Armes pansent leurs blessures en découvrant leur force et la peur qu’elles inspirent à leurs adversaires.

Casting : Dilan Gwyn, Amira Casar, Camélia Jordana, Maya Sansa, Esther Garrel, Nanna Blondell, Korkmaz Arslan, Noush Skaugen, Mark Ryder, Youssef Douazou, Filipo Crine, Pascal Greggory, Roda Canioglu, Darina Al Joundi, Shaniaz Hama Ali, Roj Hajo, Mouafaq Rushdie.

Première incroyablement émouvante de « Soeurs d’Armes » au Kurdistan !

Le 1er octobre, « Sœurs d’armes » faisait l’ouverture du Festival du film de Slemani, au Kurdistan irakien. 1500 personnes, en pleurs et en liesse, ont applaudi à chaque fois que nos héroïnes dézinguaient les fanatiques. A la fin, des femmes Yézidies, dont certaines survivantes ayant le même parcours de Zara, et des combattantes peshmergas, dont certaines apparaissent dans le film, sont montées sur scène pour partager la standing ovation. Emotion indescriptible. J’ai vu des soldates pleurer. Et des survivantes retrouver leur fierté. Grâce au cinéma. C’est tout ce dont je rêvais. Merci au festival et à toute son équipe, de nous avoir permis de vivre un instant pareil.