Affaire Ramadan : je porte plainte pour dénonciation calomnieuse

Crier au complot pour détourner l’attention des faits terribles qui lui sont reprochés ne pourra pas sauver Tariq Ramadan dans cette affaire.

Les éléments de l’enquête ayant fuité prouvent d’ailleurs et démontrent qu’il n’y a eu aucun contact entre les plaignantes six mois avant son déclenchement,  le 20 octobre 2017, suite à la plainte courageuse de Henda Ayari.

J’ai moi même pris connaissance de cette plainte dans la presse. Comme en témoigne notre premier échange via une messagerie twitter à cette date.

C’est également à partir de l’annonce de sa plainte dans la presse que j’ai repris contact avec « Chrystelle », avec qui je n’échangeais plus depuis des années. Pour mettre au point l’interview que j’ai publiée dans Marianne et pour se soutenir. Parce que nous savons ce que peut coûter de dire la vérité sur Tariq Ramadan.

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Non seulement, je n’ai pas à cacher cette solidarité mais j’en suis fière. Comme je suis fière du courage des femmes qui osent enfin parler.

Dernier point faussement troublant, mais qui va terriblement décevoir les obsédés du complot, Fiammetta Venner, ma compagne, n’apparaît dans l’enquête que parce que ma ligne téléphonique est à son nom… Voilà pour le complot !

En revanche, lassée de lire n’importe quoi et d’endurer les calomnies de Monsieur Ramadan chaque fois qu’il est en difficulté et doit rendre compte de ses actes, j’ai chargé mon avocat, maître Patrick Klugman, de porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

Etant actuellement à l’étranger, loin de Paris et de cette affaire, je lui laisse le soin de répondre aux questions éventuelles.

Caroline Fourest

 

Hosni Maati perd son procès contre Caroline Fourest

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Après avoir gagné mon procès dans l’affaire Bentot (agitée à tort par Aymeric Caron), je vous annonce que je viens de gagner le procès que m’intentait l’avocat à l’origine de cette procédure et de la polémique qui s’en est suivie : Hosni Maati (à droite en photo avec la leader des Indigènes de la République et Médine).

En plus de me présenter comme une « menteuse » et une « islamophobe », ce dernier m’attaquait en diffamation . Il a été condamné « aux dépens » et donc à rembourser mes frais de procédure. Merci à mon avocate, Lorraine Gay.
Caroline Fourest 

Mes agresseurs de CIVITAS condamnés

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Après trois jours de procès, reconnaissant la violence des coups portés envers une journaliste venue couvrir la manifestation de CIVITAS du 18 novembre 2012, la Cour a condamné mes principaux agresseurs.

François-Xavier GICQUEL (Jeunesses nationalistes) qui m’avait fait tomber à terre en premier et s’était vanté devant une caméra cachée de M6 de m’avoir « cartonnée grave », d’avoir « foutu une patate en pleine tête » avant que lui et ses amis me « finissent au sol » a été condamné à un an de prison avec sursis et 800 euros d’amende.

Rémi LELONG (militant FN 93), qui a reconnu et regretté de m’avoir frappée (il m’avait même menacée au moment de l’identification devant les policiers), a été condamné à six mois avec sursis. A la barre, il m’a aussi accusée d’inciter à la haine contre les religions (de fait il m’avait pourchassé en criant « islamophobe »), sans pouvoir citer une seule ligne ou propos étayant son accusation.

Tous deux sont condamnés à me verser 2000 euros de préjudice moral et chacun 500 euros de frais de défense.

Logan DJIAN (ancien Chef du GUD, qui purge actuellement une peine de prison pour violences aggravées commises lors d’une autre manifestation anti-mariage homosexuel) a été condamné à deux mois avec sursis.

D’autres agresseurs des FEMEN ont été condamnés à des peines allant jusqu’à six mois de sursis. Certains ont nié leur implication, pourtant très visibles sur les photos, dans ces violences d’un degré qui a marqué le tribunal.

Lors des débats, très tendus, un avocat a dû demander à l’un des prévenu (Rémi Lelong) d’arrêter « de fixer les parties civiles en faisant le signe de croix ». Sur les bancs, la défense des militants catholiques intégristes a reconnu qu’ils avaient perdu la bataille contre le mariage pour tous. Avec ce jugement, leurs clients vont devoir accepter de respecter la loi et l’intégrité des personnes qui ne pensent pas comme eux.

J’ai une toute petite pensée pour les responsables du Printemps français comme Béatrice Bourges et tous les radicaux catholiques m’ayant accusée d’avoir menti sur cette agression pendant cinq ans sur les réseaux sociaux.

Je regrette que la violence des insultes homophobes entendues pendant cette agression (« Sale pédale » notamment) n’ait pas constitué un motif aggravant.

Et je tiens tout particulièrement à remercier Marie-France Fontana pour son engagement d’avocate contre cette violence intégriste, qu’elle a connue jeune et dont elle a refusé l’endoctrinement. Sa présence de ce côté de la barre, sa plaidoirie et le jugement obtenu représentent de belles victoires.

Caroline Fourest

Pour revoir : Nos seins nos armes

 

CIVITAS : Cinq ans après, le procès des « violences volontaires »

 Demain, plus de cinq ans après les faits, s’ouvre le procès des militants d’extrême droite m’ayant passé à tabac lors de la manifestation de CIVITAS du 18 novembre 2012. Une manifestation que je couvrais pour France 2 et les besoins du documentaire « Nos seins, nos armes »

Arrivée sur place avant le cameraman et les FEMEN qu’il suivait, j’ai vu une foule d’agresseurs se jeter sur ses militantes et les rouer de coups, avant d’être moi-même plaquée à terre dans un coin, tabassée à coup de pieds puis poursuivie aux cris de « sale pédale » et d’insultes plus personnalisées.

Les images de ces agressions ont largement circulé, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ils ont été suivis de campagnes d’insultes et d’intimidation de la part des réseaux d’extrême droite.

Du 17 au 19 janvier, plusieurs prévenus vont enfin comparaître pour violences volontaires aggravées par la circonstance de réunion, envers moi ou les FEMEN : Logan Djian (ancien Chef du GUD, poursuivi dans une autre affaire de violences), François-Xavier GICQUEL (Jeunesses nationalistes), Rémi LELONG (FN 93), Aurélien PORCILE, Jérôme GUIGUE (Jeunesses nationalistes), Gilbert RUFFIER D’EPENOUX (colonel).

Joli symbole, ma défense sera assurée par maître Marie-France Fontana qui, après une jeunesse au sein de l’organisation anti-avortement La Trêve de Dieu (fondée par sa mère), défendra l’intégrité des femmes et la liberté de la presse face à des prévenus intégristes.

Caroline FOUREST

• Co-réalisé avec Nadia El Fani. Revoir la scène dans le documentaire à partir de 59’56 : 

Nouveau procès gagné face à Alain Soral

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Après une première victoire contre Alain Soral, condamné pour diffamation pour avoir relayé un article m’accusant à tort d’avoir « bidonné » un reportage dénonçant les théories du complot — dans le but, je cite, de « dissimuler la connexion Israélienne du 11 septembre » —, je viens de gagner le procès qu’il m’intentait pour « injure publique ».

La plainte ne manquait pas d’humour. J’ai été convoquée et mise en examen pour avoir dénoncé le racisme d’Alain Soral, en rappelant qu’il employait l’expression « beuricots » pour parler des franco-maghrébins dans ses livres.

Un discours prononcé dans le cadre de la soirée au théâtre du Rond-Point, pour soutenir Christiane Taubira, victime d’insultes et de lancés de bananes. Ce soir-là, elle venait d’être accueillie par des opposants au Mariage pour tous très excités qui, une fois arrêtés, ont fait la quenelle.

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Mon édito au moment de la mise en examen.

Droit de réponse à Mediapart et à Aymeric Caron

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Relais de la propagande de Tariq Ramadan et de ses alliés, visibles ou Indivisibles, depuis des mois, la « rédaction de Mediapart » — sur la capture d’écran ci-joint — devenue « les invités de Mediapart » (après parution de ce texte), bref le blog de Mediapart vole au secours d’Aymeric Caron en cherchant à me faire passer pour malhonnête. Pour avoir refusé son accusation inexacte concernant une plainte en diffamation contre l’une de mes chroniques.

C’est un honneur, quand on est journaliste, de soulever des questions qui fâchent. Quitte à subir le risque d’être poursuivi par ces fâchés. Mediapart devrait le savoir.

Honteusement, je dois confesser avoir enduré très peu de procès, bien moins qu’eux, et n’avoir pas reçu autant de leçons de morale du CSA qu’« On n’est pas couché ». À peine quelques procès avec le FN et Frédéric Châtillon, pour avoir dénoncé leur antisémitisme. Et une plainte — en sept ans à France Culture — de la part du père d’une jeune femme voilée, qui n’est même pas nommée dans ma chronique.

L’objet de sa colère ? Une chronique où je dénonce les agressions contre les femmes voilées comme étant des attaques racistes, tout en invitant mes confrères à ne pas s’emballer (comme ils l’ont fait) à propos de deux affaires où des jeunes femmes ont fait des déclarations confuses et contradictoires.

Le père de cette jeune femme voilée, qui communique beaucoup à sa place, a estimé injuste que je l’accuse de… parler beaucoup à sa place, et d’avoir émis des doutes sur sa version.

Il a obtenu gain de cause en première instance à la très grande surprise de mes avocats, tout à fait confiants pour l’appel. L’avocat adverse doit penser la même chose. Il a délibérément laissé filer le délai de prescription pour que cet appel n’ait pas lieu, et abandonné les poursuites.

Je suis donc affranchie de cette plainte ridicule, contrairement à ce qu’affirme Aymeric Caron avec beaucoup de violence, en me faisant passer pour une menteuse, et surtout en refusant d’accepter que je puisse connaître un peu mieux le dossier que lui…

Mediapart et Edwy Plenel, en revanche, ont été condamnés pour diffamation. Cela arrive. Surtout aux meilleurs d’entre nous. Ils devraient trouver mieux pour faire diversion et éviter le débat de fond qui nous oppose : faut-il traiter d’  « islamophobe » toute personne qui critique Tariq Ramadan ou blasphème ?

Mediapart aurait pu me contacter, moi ou mes avocats, pour connaitre l’issue de cette plainte avant de me traiter de menteuse sans vérifier. Cela montre, pour reprendre leurs mots, le peu de respect qu’ils portent à la vérité des faits.

Caroline Fourest

Ps : sur le « clash » : mes explications.

PS 2 : sur Amina, l’attaque est d’autant plus vicieuse que j’ai alerté et coupé les ponts avec Amina à cause de son mensonge : « Amina enfin honnête ».

PS 3 : Quant au CSA…

 

Voir : la mise au point de Maître Malka