Attaque contre « Nos seins, nos armes » à Chambéry

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Depuis Chambéry, où je suis pour la projection de « Nos seins, nos armes » (co-réalisé avec Nadia El Fani) dans le cadre d’un festival sur les droits des femmes. Avant la projection, lorsque l’organisatrice a prononcé mon nom, une vingtaine de militants emmenés par Alexandre Gabriac (leader de Jeunesse nationaliste, le groupe qui m’a tabassé à CIVITAS) s’est levé pour tenter de s’emparer du micro et déployer une banderolle ornée d’une croix celtique en criant « Jeunesse nationaliste » ! (grosse erreur car ce groupe est interdit et n’a pas le droit de se reconstituer sous peine de lourdes sanctions). Une fois les militants de Gabriac évacués, le film a pu être projeté et je suis allée débattre avec la salle. Nous savions que de nombreux billets avaient été achetés par des militants des veilleurs et de la Manif pour tous. Mais le débat s’est finalement très bien passé. Je suis restée très calme et eux aussi. Choqués par la violence des fascistes (dans la salle et sur l’écran face aux Femen), sous le choc du film, nous avons parlé de tout : la pédophilie et l’Eglise, le genre, l’IVG, Femen, l’action à la Madeleine… Dans le respect de la démocratie, de la laïcité et du droit au blasphème. Merci à eux pour cet effort. Et à Gabriac et à ses amis pour nous rappeler que la démocratie est un combat.

Lire le compte-rendu du Huffington Post

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Le tract diffusé par les troupes filles de Gabriac : »Militer avec féminité ». Ah la féminité fasciste..

 

 

3 FEMEN libres… Et maintenant Amina !

Trois jeunes femmes parties de leur pays pour exiger la libération d’une soeur, Amina, vont rentrer chez elles. Merci à tous leurs avocats, tunisiens et français, qui ont été admirables. Je pense à Maître Soheib Bahri, qui a été le premier sur place à les défendre. A maître Leïla Ben Debba, grande figure de la révolution, qui a combattu dans l’arène du prétoire comme une lionne, malgré les menaces et les tentatives d’intimidation qui pesaient sur elles. A maître Patrick Klugman et à maître Ivan Terel, qui ont fait les allers-retours et pu plaider, en français, la cause des femmes libres sur place… Tous nos regards sur tournent vers Amina, toujours enfermées, sans aucune raison valable, pour un simple tag. Nous nous battrons tant qu’elle ne sera pas libre. Elle et tous les prisonniers politiques de Tunisie. Free Amina. Free Tunisia.

La vidéo de leur arrivée et la conférence de presse : https://vimeo.com/69298033

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Free Amina ! Sous le tableau d’un artiste Tunisien, dont l’exposition à la Marsa a été vandalisée par des salafistes, qu’il avait osé représenter et dénoncer… De gauche à droite : Nadia El Fani, Inna Shevchenko, Taslima Nasreen et Caroline Fourest tiennent la photo d’Amina. Nous ne baisserons jamais la tête. Nous libérerons Amina.

Tunisie : Libérez les FEMEN !

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Dans quelques semaines, début juillet, François Hollande doit se rendre en Tunisie. Ce sera sa première visite officielle dans ce pays qui traverse une période de transition incroyablement complexe et difficile, partagée entre les espoirs soulevés par la révolution et l’angoisse de voir un régime autoritaire succéder à un autre. Au moment où il foulera le sol de Tunis, il aura en tête ce contexte, éminemment délicat, mais nous lui demandons de garder en tête quatre visages et prénoms. Amina, Pauline, Joséphine et Marguerite. Une Tunisienne, une Allemande et deux Françaises. Quatre Femen. Elles croupissent actuellement en prison à cause de sanctions totalement disproportionnées au regard de leurs actes et contraires aux normes attendues d’un Etat de droit.

Trois d’entre elles, dont deux activistes françaises, viennent d’écoper de quatre mois de prison ferme pour avoir manifesté seins nus devant le Palais de justice. Un acte considéré comme une « atteinte à la pudeur, aux bonnes mœurs et trouble à l’ordre public », alors qu’il s’agissait d’une protestation pacifique, demandant la libération d’Amina, la première Femen tunisienne, elle-même détenue de façon arbitraire depuis plusieurs semaines.

Son crime ? Un simple tag. Avoir tracé le mot Femen sur un muret. Quelques lettres tracées pour défier la rage obscurantiste de 40 000 salafistes qui prétendaient se rassembler en toute illégalité à Kairouan, le 19 mai dernier. Ces manifestants-là, qui ont fait plusieurs blessés parmi les policiers anti-émeutes, ont été relâchés. Les terroristes ayant attaqué l’ambassade américaine et causé des millions de dégâts n’ont écopé que de peines avec sursis. Les assassins de Chokri Belaïd courent toujours. Les extrémistes qui attaquent des cinémas, des expositions d’artistes ou brûlent régulièrement des mausolées ne sont presque jamais retrouvés. Mais Amina risque six à douze ans de prison pour « atteinte aux bonnes mœurs », « profanation de tombeau » et « association de malfaiteurs ».

Amina, Pauline, Joséphine et Marguerite sont des prisonnières politiques. La lourdeur des jugements qui les frappent, de la prison ferme et non une simple amende, ne laisse aucun doute à ce sujet. Elles ne sont pas les seules à endurer cette forme de répression depuis la révolution. Ghazi Beji et Jabeur Mejri, deux blogueurs, ont été condamnés à sept ans et demi de prison pour blasphème. L’un par contumace. Il a dû se réfugier en France. L’autre purge sa terrible peine dans l’indifférence générale. La journaliste franco-tunisienne, Hind Meddeb, est poursuivie pour avoir dénoncé la lourdeur de la condamnation du rappeur Weld el 15 : deux ans de prison ferme pour une chanson irrévérencieuse envers la police.

Quant à la réalisatrice Nadia El Fani, elle ne peut plus retourner dans le pays de son enfance, où elle risque jusqu’à six ans de prison pour avoir réalisé un film sur la laïcité : Laïcité Inch’Allah ! Son avocat a également récemment été persécuté pour « sodomie »… A travers ces jugements, éminemment politiques, la justice tunisienne montre un terrible visage : faible avec les terroristes et dur avec les esprits libres. Le pire des lois de Ben Ali contre le meilleur des acquis de Bourguiba. Toutes ces affaires trahissent un climat irrespirable et préfigurent un Etat religieux et non civil, autant dire le renoncement à la démocratie réelle en Tunisie. Elles ne peuvent laisser indifférent.

Nous ne demandons pas au président de renoncer à aller en Tunisie. Bien au contraire, il doit s’y rendre pour demander la libération de ces prisonniers politiques. Sans se laisser intimider par ceux qui crieront à l’ingérence ou convoqueront le passé. Rien, ni la « stabilité » des relations franco-tunisienne ni les intérêts économiques ne justifient de fermer les yeux sur ces lois iniques et la façon dont elles sont appliquées. François Mitterrand, en son temps, a su oublier les pudeurs diplomatiques pour défendre la cause des dissidents lors de son voyage à Moscou.

Aujourd’hui, les dissidents sont à Tunis, au Caire, à Alger, à Doha, à Riyad, partout où l’internationale théocratique tente de gagner du terrain sur la démocratie et les valeurs universelles.

Au nom de ses dissidents sans voix, nous lui demandons d’interpeller son homologue, le président tunisien, qui se targue d’être un ancien activiste des droits de l’homme, qui a pu se réfugier en France lorsqu’il était lui-même persécuté sous l’ancien régime, mais se tait face aux violations du droit élémentaire à la liberté d’expression par son propre gouvernement.

A François Hollande d’exiger à Tunis la libération d’Amina (18 ans), de Pauline (27 ans), de Joséphine (19 ans) et de Marguerite (22 ans). Non pas parce deux de ces prisonnières politiques sont des ressortissantes françaises, mais bien parce que les droits des femmes et le droit à la liberté d’expression sont des valeurs universelles, et que François Hollande avait promis d’en faire le cœur de sa diplomatie. Ce voyage sera pour nous un test : savoir si ces mots ont un sens.

Paru dans Le Monde | 18.06.2013

Par Caroline Fourest (Ecrivaine et journaliste), Nadia El Fani (Cinéaste), Aliaa El Mahdy (Cyberdissidente égyptienne ), et Inna Shevchenko (Porte-parole de Femen)

 Premiers signataires : Darina Al Joundi, auteure-comédienne ; Elisabeth Badinter, philosophe ; Faouzia Charfi, universitaire ; Djemila Benhabib, journaliste et essayiste ; Lina Ben Mhenni, cyberdissidente tunisienne ; Sadok Ben Mhenni, activiste tunisien ; Raja Ben Slama, psychanalyste et universitaire ; Karim Ben Smail, éditeur ; Nédra Ben Smail, psychanalyste ; Abdennour Bidar, philosophe ; Dounia Bouzar, auteure et anthropologue ; Rachida Brakni, comédienne ; Caroline Eliacheff, psychanalyste ; Cherif Ferjani, professeur universitaire ; Caroline de Haas, activiste féministe ; Françoise Héritier, anthropologue ; Salah Horchani, universitaire, militant des droits humains ; Taslima Nasreen (Ecrivaine), Abdelwahab Meddeb, écrivain, universitaire ; Nine Moati, écrivaine ; Said Sadi, ancien député algérien, fondateur de la Ligue algérienne des droits de l’homme ; Martine Storti, présidente de Féminisme ; Maya Surduts, collectif national pour les droits des femmes.

Pour signer l’appel sur change.org

Amina arrêtée : les dessous d’un acte politique

Amina, dite la « Femen tunisienne », est arrêtée depuis le 19 mai. Son procès s’annonce très politique. Le 21 mai, elle a comparu devant le Tribunal de grande instance de Kairouan.

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Le procureur a donné une conférence de presse pour annoncer les charges retenues contre elle : « profanation de tombeau » et « attentat à la pudeur ». La détention pendant l’instruction peut durer 14 mois. Elle risque jusqu’à 2 ans de prison ferme. Ces charges sont totalement ubuesques au vu de son action : un simple tag sur un muret de 30 cm de hauteur.

Ce muret, probablement construit par la municipalité de Kairouan, entoure le cimetière conjoint à la mosquée. Il sera très facilement nettoyé. Amina y a simplement écrit, à la bombe de peinture, le mot FEMEN, du nom de ce mouvement féministe dont elle se revendique. Pour faire un pied de nez au gouvernement qui prétend interdire ce mouvement et surtout tenir tête, à sa manière, aux 40 000 salafistes qui menaçaient de se réunir dans la ville en toute illégalité.

C’était dimanche dernier, le 19 mai 2013, en fin de matinée. Furieux, des habitants qui l’ont reconnue ont failli la lyncher. La police l’a immédiatement interpellée, sous les yeux des journalistes tunisiens et étrangers présents. Elle nous a appelé depuis le commissariat, pour nous annoncer ce qu’elle venait de faire et nous prévenir de son arrestation.Nous sommes en contact avec Amina depuis qu’elle s’est enfuie du domicile de ses parents qui, quoiqu’ils en disent, l’ont bien séquestrée, alors qu’elle est majeure…. Pour tenter de la rééduquer à coups de médicaments anti-dépresseurs et de lecture imposée du Coran, pendant 3 semaines. Son crime d’alors ? Avoir posté une photo d’elle seins nus sur Facebook contre le sexisme en adhésion avec le mouvement Femen.A l’époque, les salafistes ont déclaré qu’elle méritait la lapidation. Une campagne internationale de solidarité avec Amina avait alors été lancée pour réclamer son droit à la liberté. Depuis son évasion, Nadia El Fani lui a parlé presque tous les jours, entre autre pour coordonner les conditions de sa venue. Amina désirait se rendre en France pour reprendre ses études et passer son Bac.

Soucieuses de sa sécurité et de son avenir, nous avons lancé un appel à dons (qui a permis de récolter 5200 dollars sur Internet) pour subvenir en partie aux frais à venir, comme son billet d’avion, et de quoi trouver un logement. Une association s’est chargée de lui obtenir une bourse d’étude, ainsi qu’une inscription dans un établissement scolaire. Amina avait contacté l’ambassade de France pour obtenir son visa ces derniers jours. Tout était prêt… Sauf son nouveau passeport.

Le Ministère de l’Intérieur tunisien, qui venait de le lui remettre, le lui a aussitôt retiré  prétextant une erreur à corriger. Déjà dix jours qu’elle attendait. Dix longs jours, où tout le monde s’inquiétait, et où elle-même sentait qu’il était grand temps de partir.

Amina parlait sans arrêt de faire une dernière action avant de quitter la Tunisie. Elle n’a eu de cesse de défier l’intégrisme et ses complices. Le 1er mai elle n’a pas hésité à agir seule en perturbant un rassemblement public du parti de CPR (Parti de Moncef Marzouki, Président « provisoire » de la République) et sa ministre des droits des femmes Sihem Badi, qu’elle est allée huer Avenue Habib Bourguiba, en plein centre de Tunis. Mais quand la police voulut l’arrêter, ce jour-là, c’est la foule des manifestants qui a réclamé sa libération immédiate et elle a été relâchée…

Mais sa détermination, depuis le premier jour, est indomptable. Sa révolte face à l’actualité tunisienne, inépuisable. C’est le propre de la jeunesse de croire qu’on peut changer les choses, comme au moment de la révolution. Comment lui en vouloir ? Comment ne pas l’admirer pour ça aussi ? Et que faire ? Si ce n’est tenter, à notre façon, de tout préparer pour la protéger en comptant les jours.

Autant dire que sa venue nous presse lorsque nous lisons, sur sa page Facebook, qu’Amina, bravache, annonce son intention d’aller défier le congrès de « Ansar el Chariaa » à Kairouan ! Rien que ça ! La presse tunisienne a repris la nouvelle, l’exposant sans s’en offusquer. L’effet est surprenant. Soudainement, le gouvernement annonce qu’il ne délivrera pas d’autorisation pour ce rassemblement… Ce jour-là, Amina nous a à la fois bluffé et rassuré : plus besoin de d’aller à Kairouna puisque c’est annulé !

Pourtant, samedi soir, c’est bien de Kairouan qu’elle a appelé Nadia El Fani, lui annonçant son intention de mener une action pour le lendemain. Pas question de se mettre seins nus, une simple action symbolique, mais quand même ! Nadia a beau lui expliquer que c’est de la folie, inutile et risqué, rien n’y fait. Amina a décidé de porter sur ses épaules tous les courages que d’autres n’ont pas.

Ce qui lui manque, c’est moins l’expérience d’un mouvement organisé, que la solidarité et l’existence d’un tel mouvement, suffisamment efficace et courageux pour donner envie à Amina et à ses amis de se battre de façon structurée contre les injustices en Tunisie… Toutes les injustices, dit-elle.

Dimanche 19 mai,  Amina appelle à nouveau Nadia, vers midi. Elle est au commissariat de Kairouan, et vient d’être arrêtée. Nous ne sommes pas très inquiètes, la police veut sans doute simplement la protéger de la folie des manifestants salafistes.  Le commissaire lui-même nous fait préciser qu’il a l’intention de la relâcher pour très bientôt.

Mais depuis, la situation a visiblement changé (suite à quelle volonté ?). C’est un véritable procès politique qui se profile. Comme s’il fallait faire un exemple qui puisse « équilibrer » l’arrestation de militants salafistes et terroristes. Comme si tagger le mot « FEMEN » pouvait valoir la menace d’attentats signés « Al Qaïda » ! Voire représenter un plus grand danger, puisque les salafistes terroristes ont pour la plupart été relâchés, tandis qu’Amina est toujours sous les verrous…

Vont-ils vraiment lui faire porter, à 18 ans, la responsabilité de toute l’insécurité en Tunisie ? Mais que dire alors de Ghannouchi en personne (le leader historique du parti islamiste Ennahdha) qui confesse volontiers combien les salafistes « lui rappellent sa jeunesse »… « Qu’ils sont comme ses enfants ? » N’est-ce pas une façon de semer le chaos et de salir, plus sûrement qu’un tag, l’image de la Tunisie ?

Visiblement, il est plus facile d’incriminer une gosse qui ne manque ni d’audace ni de courage… Une gosse qui sait ce qu’elle ne veut pas! Et qui tente de réveiller ce peuple qui de nouveau veut faire la sourde oreille, l’aveugle et le muet à la fois. Sauf sur Internet, où la propagande, l’incitation à la haine et la lâcheté tournent à plein régime.

Des flots de tweets délirants accusent Caroline Fourest d’avoir fomenté ce « complot » et même payé « 25 000 dollars » pour qu’Amina exécute son action ! L’imagination fait vivre… Nous ne sommes évidemment pas dupes de l’intérêt de pareilles propagandes, ni du jeu malsain qui se joue en Tunisie entre les islamistes stratèges d’Ennhada, leurs alliés, et l’aile dure des salafistes, au détriment d’Amina.

Nous demandons simplement aux Tunisiens démocrates et laïques d’entendre ce message simple :

1) Personne n’est « derrière » Amina, en revanche nous la soutenons dans son droit comme tout être humain à pourvoir s’indigner, se révolter, s’exprimer…2) Nous n’essayons pas de la soutenir pour créer un problème supplémentaire, nous savons combien la situation est difficile en Tunisie, mais il existe une génération qui ne supporte plus de voir ses libertés confisquées par l’intégrisme ou le cynisme politique et qui a décidé d’agir avec ses moyens, comme au moment de la révolution, par des actes pacifiques et symboliques. Comment ne pas être solidaires de leur courage ? Que faire ? Regarder ailleurs et les abandonner ?3) Qu’on approuve ou pas l’activisme d’Amina, son adhésion aux Femen, le fait de poster une photo seins nus contre le sexisme comme l’Egyptienne Aliaa Elmahdy ou de taguer « FEMEN » pour défier 40 000 salafistes, rien ne justifie les mesures de rétorsions, disproportionnées, qui la frappent. Ni la séquestration ni la prison.

Alors que les assassins de Chokri Belaïd courent toujours. Que des cinéastes , artistes, blogueurs, intellectuels, patrons de chaines de télévisions, de presse, avocats, et autres esprits libres, sont sans cesse poursuivis et condamnés, avec une extrême sévérité, pour s’être simplement exprimés, sur la religion ou la politique, ou le mélange des deux, en toute conscience. Personne ne peut croire qu’un tel procès est anodin.C’est la liberté de conscience qui meurt en Tunisie chaque fois que l’ensemble des démocrates laïques, du monde entier, ne se serrent pas les coudes pour défendre la liberté d’expression et de manifester, et réclamer une justice indépendante du pouvoir en place.C’est dans cet esprit, de vigilance, que nous exigeons la libération d’Amina, auteure d’un simple tag sur un muret de cimetière. Fusse-t-il à Kairouan !Liberté pour Amina. Liberté pour la Tunisie.

 

Nadia El Fani et Caroline Fourest

Paru dans Marianne, le 22 mai 2013

« Nos seins, nos armes ! »

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Elles sont provocantes et en colère.

Elles protestent seins nus et partent en guerre contre le patriarcat, les dictateurs, la prostitution, et les religions !

Ces guerrières sont le nouveau visage du féminisme, leurs corps sont devenus leurs armes.  Et elles sont prêtes à payer le prix de ce combat par la prison ou l’exil.De la fuite d’Inna Schevenko, 22ans, leader des FEMEN à celle d’Aliaa El Madhdy, 21 ans  menacée de mort pour avoir dénoncé le sexisme en Egypte en posant nue sur Internet, ce film raconte l’histoire réjouissante et parfois violente d’un mouvement désormais planétaire.

Un film de Nadia El Fani et Caroline Fourest. 

Diffusion :  mardi 5 mars à 22H45 sur France 2.

REVOIR LE FILM EN VOD :

http://www.france2.fr/emissions/infrarouge/diffusions/05-03-2013_34249

Ils changent le monde : Nadia El Fani

Ils changent le monde 2012

 

http://www.franceinter.fr/emission-ils-changent-le-monde-nadia-el-fani

 

Notre esprit libre du jour s’appelle Nadia El Fani. C’est l’un des hirondelles du printemps tunisien. Et le cauchemar de ceux qui veulent le transformer en hiver islamiste. Réalisatrice, elle s’est fait connaître par des films avant-gardistes comme Bedwin hacker. Mais ce sont ses films engagés qui font du bruit en Tunisie. « Ouled Lenine » raconte la vie mouvementée des tunisiens communistes, qui est aussi celle de sa famille. Mais son dernier film raconte une opposition encore plus osée. Celle des athées et de ceux qui, bien que Tunisiens, ne veulent pas jeûner pendant le mois de Ramadan.

Laïcité Inch’alla s’appelait à l’origine, Ni Allah ni maître. Il a tout simplement déchainé la fureur des salafistes et de leurs alliés. Au point d’attaquer un cinéma tunisien où le film était projeté, juste après la révolution. Elle est aussi sous le coup d’un procès en sorcellerie, entendez en blasphème. Menacée de mort pour s’être déclarée athée. Et pas le moins du monde protégée par le nouveau pouvoir en place — que l’on dit islamiste modéré mais l’accuse de complot et soutient ses agresseurs. Nadia El Fani, elle, a milité pour le printemps tunisien, par amour pour la liberté d’expression. Elle lui coute plus cher que jamais… Notamment de rester vivre à Paris pour pouvoir continuer à parler. C’est là que nous l’avons écoutée, sous une mansarde, continuant de rêver à un meilleur ciel pour la Tunisie.

le site officiel de Nadia El Fani

Nadia El Fani © Radio France – 2013 / Fiammetta Venner

 

 

 

 

Caroline Fourest et Alain Finkelkraut s’opposent lors d’un colloque à Tel Aviv

Ceci n’est qu’un aperçu des débats, passionnants, et des regards croisés permis le colloque organisé à Tel Aviv par l’Institut Français, sur le thème « Démocratie et religion ».

Lors d’une table-ronde, j’ai opposé ma vision plus optimiste et de gauche à celle d’Alain Finkelkraut.

Lors d’une autre table ronde, j’ai refusé celle d’un député religieux du Likoud, aux côté d’un laïque Israélien très inquiet de la montée de l’intégrisme Juif en Israël.

Nadia El Fani, également présente, a pu à la fois défendre sa vision de la laïcité et dire son soutien à la cause Palestinienne. Notamment sur les ondes de la principale radio publique Israélienne.

Elle a d’ailleurs profité de cette invitation pour aller à la rencontre de cinéastes Palestiniens à Ramallah. Et nous avons, ensemble, choisi d’aller interviewer Sari Nusseibeh, l’un des universitaires Palestiniens les plus connus, pour son engagement lors de la première Intifada et pour avoir condamné les opérations kamikazes.

Notre échange sera diffusé cet été dans le cadre des émissions que j’animerai sur France Inter.