« Cahiers de doléances » : la série contre les préjugés

Revoir les épisodes de « Cahiers de doléances » sur la laïcité, le droit au blasphème, le racisme anti-musulmans, le « deux poids, deux mesures », le genre, l’homoparentalité, les Roms ou la xénophobie…

Cliquez ici.

vlcsnap-2015-02-02-11h04m19s162

Cette série documentaire, proposée et animée par Caroline Fourest, a été diffusée sur LCP de 2014 à 2016. Elle plonge au cœur des questions qui fâchent, scrutent les colères des Français, fait la part des choses entre  vraies questions et préjugés, puis remonte les doléances aux députés pour en débattre.

Ces progressistes qui crachent sur les morts du 7 janvier

Nous sommes le 5 mars et à ma connaissance, contrairement à EELV, le Parti communiste Français n’a toujours pas retiré sa signature d’un appel à une manifestation « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire » en compagnie d’organisation intégristes ou proches des Frères musulmans comme l’UOIF, Présence musulmane, le CCIF (qui classe tout propos laïque comme « islamophobes »), le Parti des Indigènes de la République, les Indivisibles, Oumma.com, Junta islamica (indiquée seulement sur le tract)…

PIR-REPU

 

Que le NPA et ATTAC maintiennent leur signature, cela ne surprendra personne. Il y a longtemps que ces deux organisations ont cédé aux alliances douteuses sous prétexte de séduire « les quartiers populaires » (réduits à leur seule expression religieuse et réactionnaire). L’alliance nouée avec Tariq Ramadan lors de différents Forum Sociaux n’a fait que transformer certains ateliers altermondialistes en tribunes intégristes, tout en faisant fuir les plus progressistes… Ce n’est pas un hasard si ces deux organisations sont en perte d’adhérents et de dynamique, totalement décrédibilisées, dans une période où la critique du capitalisme financier est pourtant plus partagée et a besoin d’eux.

Mais que fait le PCF ? Quand j’ai vu sa signature au bas de cet appel, j’ai cru au dérapage d’une section. Quelques jours plus tôt, nous étions entourés de militants du PCF pour enterrer Charb. Dans les travées, il n’y avait pas assez d’agents pour nous protéger. Il n’y en a toujours pas assez. Les équipes de protection sont débordées par le nombre de cibles à abattre, d’amis menacés, en pleine explosion… C’est pourtant « le sécuritaire » que le PCF rend responsable de ce « climat de guerre », pas le terrorisme, en compagne d’organisation islamistes.

L’UOIF, avec qui ils signent, a milité contre le mariage pour tous, porté plainte contre Charlie Hebdo lors de l’affaire des caricatures et son théologien de référence, Youssef al Qaradawi, propose de brûler les homosexuels et autorise les attentats kamikazes contre les Juifs…

C’est avec eux qu’ils veulent donc combattre l’« islamophobie » : ce concept fumeux confondant racisme et blasphème, transformant tout laïque en cible, que Charb dénonce dans son dernier livre (1). Faut-il rappeler qu’il paraîtra à titre posthume ?

En signant cet appel, le PCF crache sur sa tombe et celle des victimes de l’attentat du 7 janvier. Odieux. Comme l’est la signature d’un collectif se revendiquant du Front de gauche (le Parti de Gauche n’a pas signé en tant que parti) : « Ensemble ».

« Ensemble » contre le fait de nous protéger ? « Ensemble » pour nous traiter d’ « islamophobes » ? « Ensemble » pour refuser le droit au blasphème ? « Ensemble » pour légitimer l’intégrisme et l’extrême droite musulmane ? « Ensemble » pour refuser de soutenir Charlie Hebdo comme l’a fait le Parti des Indigènes de la République au lendemain de l’incendie du journal en 2011 ? « Ensemble » pour demander au Qatar de racheter Charlie Hebdo pour éviter les caricatures blasphématrices envers Mahomet comme l’a fait Les Indivisibles à la même période ?

En tout cas, les Indigènes de la République et les Indivisibles ont eu bien raison d’attaquer physiquement la conférence que le PCF m’avait demandé de donner à la « Fête de l’humanité » sur l’extrême droite il y a trois ans. Le SO a eu si peur qu’on m’a escorté vers la sortie. Depuis, je n’ai plus été invitée à la fête de l’Huma mais le PCF signe avec ces adversaires de Charlie, juste après l’attentat, contre « l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire ».

La prochaine étape, c’est quoi, nous traiter de « sales pédés » et nous jeter du haut d’un mur ? Tenir la kalachnikov ?

(1) « Lettres aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des communautaristes et des racistes », Charb, Les Echappés.

Capture d’écran 2015-03-05 à 11.43.55

Peut-on combattre le racisme avec le mot « islamophobie »?

Image

Le livre d’Adbellalli Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie: Comment les élites françaises fabriquent le problème musulman, relance la polémique autour de ce mot confus et contrasté. Il peut réouvrir un débat intéressant : sur la coexistence de deux interprétations de ce terme. Certains l’utilisent de bonne foi pour désigner le racisme anti-musulmans. Il existe, augmente et mérite d’être combattu. C’est l’autre utilisation du mot « islamophobie » qui pose question. Celle qui tente de faire passer toute critique de l’Islam, en tant que dogme, religion ou croyance, et même parfois toute critique de l’intégrisme musulman, pour du racisme. A cause de sa construction sémantique : phobie envers l’Islam.

« Musulmanophobie » ne poserait aucun problème, puisque cela voudrait dire « phobie envers les musulmans ». Ce qui est forcément raciste. Mais c’est long. Le mot retenu est plus court, « islamophobie », même s’il veut dire littéralement « phobie envers l’Islam ». Ce qui facilite l’amalgame entre la critique des idées et celles des identités. C’est cette confusion sémantique qui pose problème. A croire que les débats conceptuels sont trop exigents, le débat s’est focalisé sur l’origine de ce mot.

Grossière diversion sur l’origine du mot

Le livre d’Adbellalli Hajjat et Marwan Mohammed commence l’un de ses chapitres par la critique de Tirs Croisés, un livre que j’ai co-écrit en 2003 avec Fiammetta Venner pour comparer les intégrismes, réfuter l’essentialisme visant à attribuer le monopole du fanatisme à l’Islam, tout en réfuant le mot «islamophobie»: «Le mot « islamophobie » a une histoire, qu’il vaut mieux connaître avant de l’utiliser à la légère. Il a été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de « mauvaises musulmanes » en les accusant d’être « islamophobes ».»

Les auteurs réfutent cette lecture en expliquant que le mot « islamophobie » n’a pas pu être utilisé par les Mollahs iraniens, puisqu’il n’existe pas en persan. En revanche, il l’ont trouvé dans un texte datant du 19e siècle dénonçant certains aspects de la colonisation. Un argument repris en boucle par de nombreux confrères, sans l’interroger.

La propagande sémantique est décidément un art. Car ce n’est pas en farsi mais en anglais que des féministes américaines comme Kate Millet se sont fait traiter d’ «islamophobesé, par les islamistes iraniens et leurs relais, après s’être fait expulser d’Iran. Comme beaucoup de féministes américaines ayant soutenu la révolution et le renversement du Chah par anti-impérialisme, elles n’étaient plus les bienvenues à partir du moment où elles se mises à critiquer le sort fait aux femmes dans l’après-révolution… Elles se sont faite traitées « d’islamophobes », en anglais, quand elle ont commencé à critiquer l’imposition du voile. Comme bientôt tout intellectuel ou militant de culture musulmane osant s’élever contre l’intégrisme, que ce soit Salman Rushdie ou Taslima Nasreen.

Nous n’avons pas dit que les intégristes étaient les seuls à utiliser ce terme. Il s’agissait simplement d’expliquer que l’attaque visant des féministes critiquant le voile, en les faisant passer pour des racistes, avait déjà un précédent dans notre histoire politique récente… Le fait qu’un homme au dix-neuvième siècle l’ait utilisé dans un autre sens n’y change rien.

Un progrès tout de même

Le livre d’Abdelalli Hajjat et Marwan Mohammed présente à la fois un progrès et un recul. Il est bien plus articulé que celui de Vincent Geisser paru en 2003. Intitulé la « nouvelle islamophobie », il visait ouvertement ceux tenant des propos « religiophobes » ou même, selon l’auteur, « islamistophobes », c’est à dire critiques envers les intégristes. Les plus grands « islamophobes » étant à ses yeux les journalistes d’investigation, la Mosquée de Paris et SOS Racisme !

Dix ans plus tard, Marwan Mohammed et Adbellalli Hajjat prennent soin d’énumérer des cas bien réels de racisme anti-musulman, qui pourraient tous nous mettre d’accord. Des vexations inutiles contre des femmes voilées, des extraits de sites comme Riposte laïque ou les propos d’écrivaines comme Oriana Fallaci ou Bat Ye’or, qui franchissent effectivement la ligne d’une vision essentialiste de l’Islam et donc des musulmans. Le problème, c’est que ce livre appellent « islamophobes » à la fois ceux-là et les laïques qui les combattent par antiracisme. Il appelle à les « différencier », tout en les qualifiant par le même terme –« islamophobe »- qui, décidément, pose question…

Racisme anti-musulman

Même si c’est plus long, et donc un vrai défi lancé à la paresse intellectuelle et journalistique, il vaudrait bien mieux parler de racisme anti-musulman. Ce terme a le mérite de cibler la spécificité de ce racisme, parfois effectivement déguisé en défense de la laïcité, sans inclure les propos blasphématoires ou simplement critiques envers l’intégrisme tenues par des laïques, des féministes ou des universalistes… Les véritables cibles de ceux qui utilisent ce mot en connaissance de cause. Le livre dont nous parlons passe son temps à critiquer les intellectuels ou militants universalistes combattant à la fois le racisme et l’intégrisme… Pour mieux mettre en valeur, à la fin, les organisations communautaires pro-voile fustigeant la laïcité, comme les Indigènes de la République ou les Indivisibles, passées maître dans l’art de faire huer Elisabeth Badinter ou SOS Racisme. Sans parler des associations influencées par Tariq Ramadan, comme le Collectif contre l’islamophobie qui l’a invité à ouvrir son premier Gala, et qui sert de fil conducteur à ce livre.

Un lutte au sein de l’antiracisme

Personnne ne doit être naïf. C’est une véritable lutte d’influence qui se joue par chercheurs-militants ou avocats interposés. Avec d’un côté des associations antiracistes universalistes comme SOS Racisme, qui va très mal financièrement. Et de l’autre, des associations communautaristes sponsorisées, tantôt par le Qatar, tantôt par des mécènes américains comme le milliardaire Georges Soros, qui a donné beaucoup d’argent au Collectif contre l’islamophobie. Parfois, la guerre est menée par un ancien avocat du « milieu », comme Karim Achoui, qui pense pouvoir se refaire une virginité en créant une association destinée à lever une armée d’avocats contre l’«islamophobie»… Et qui a commencé par attaquer Charlie Hebdo, pour un dessin plutôt drôle sur les Frères musulmans en Egypte.

Voilà ce qui se joue, mine de rien derrière, ce mot. Que les journaux satiriques la ferment et que les associations comme SOS racisme ferment. Pour qu’il ne reste rien, plus rien, entre les racistes qui montent et les associations communautaristes qui les arrangent. Cela mérite de se méfier des débats anecdotiques et de s’intéresser aux enjeux de cette propagande sémantique.

Caroline Fourest

 http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/peuton-combattre-le-racisme-par-islamophobie-anti-musulman_b_4021611.html

 

Les « Y’a bon Awards » déshonorent l’antiracisme

Sur le papier, les « Y’a bon Awards » me semblaient utiles. La banalisation des propos racistes ces dernières années mérite qu’on s’insurge et qu’on les mette à l’index. J’ai en tête mille exemples qui m’ont écorché les oreilles et à qui j’aurais bien voulu décerner des Y’a bon Awards.

Hélas, le but de Rokhaya Diallo et de son association (Les Indivisibles) n’est pas de militer contre le racisme… Mais de combattre les antiracistes ayant le tort, à leurs yeux, de défendre la laïcité. Pour proposer un autre modèle, basé sur les statistiques ethniques et la laïcité « ouverte », aux religions et même à l’intégrisme.

Ce qui explique les si bonnes relations entretenues par cette association avec le Département d’Etat américain. Rokhaya Diallo a notamment participé au programme « International Visitor Leadership » voulu par le gouvernement fédéral américain pour tisser des liens avec ceux qui défendent son modèle à l’étranger. Et ce malgré ses liens avec les Indigènes de la République et leurs alliés islamistes. Leurs équivalents Belges, les Indigènes du Royaume, sont à l’origine de mon agression en Belgique.

Les indivisibles contre Charlie Hebdo

Les indivisibles s’inscrivent dans cette famille idéologique, qui considère tout intellectuel féministe et laïque comme « islamophobe » dès lors qu’elle ose critiquer à la fois le racisme et l’intégrisme. Mais Rokhaya Diallo va plus loin. Elle accepte de donner des conférences aux côtés du roi des complotistes Belges, Michel Collon.

Elle fait surtout partie des premiers signataire d’un manifeste « contre le soutien à Charlie Hebdo », lancé par des figures des Indigènes de la République juste après l’attentat… Il prétend défendre la liberté d’expression mais nous explique, qu’au fond, le journal l’a bien cherché ! Ce qui revient à justifier le terrorisme contre la presse, dans un contexte où des dessinateurs et des journalistes prennent tous les jours des risques pour continuer à parler librement de l’intégrisme.

Le vrai visage des Indivisibles est donc dévoilé, depuis longtemps. Mais la dernière moisson de prix le confirme. Alors que la France pleurait les morts du tueur de Toulouse, Les indivisibles organisaient une cérémonie des Y’a bon Awards… Et devinez qui obtint un « Y’a bon awards 2012 » ? Le tueur de Toulouse ? Claude Guéant ? Marine Le Pen ? Jean-Marie Le Pen ? Des journalistes qui ont banalisé l’agression d’Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar ? Des journalistes ayant minimisé les menaces professées contre moi par un cadre du FN ? Non pas du tout… Christophe Barbier, Sylvie Pierre-Brossolette et moi-même !

Quand l’antiracisme devient racisme

Ce qu’ils reprochent à Barbier ? Une chronique de 2010 sur la décision de Quick de ne servir que des repas halal ! Ce qu’ils me reprochent ? Un discours sur l’égalité ! Et oui, vous avez bien lu.

Un discours sur l’égalité tenu à la Convention du Parti socialiste pour l’égalité réelle, en 2010, où j’ai mis en garde les élus contre la voie hasardeuse des statistiques ethniques, où j’insiste sur l’importance d’une politique plus ambitieuse pour lutter contre les préjugés et les discriminations (je soutiens la volonté de François Hollande de supprimer le mot « race » de la constitution), et où je rappelle que des élus locaux n’ont pas à soutenir des mouvement intégristes — réactionnaires, sexistes, homophobes et racistes — en mettant à leur disposition des équipements publics (comme des piscines ou un gymnase).

J’ai pris l’exemple d’un maire UMP (le maire de Vigneux) ayant mis à la disposition d’une organisation intégriste proche de l’UOIF, un gymnase pour organiser un concours de basket non mixte, interdit aux hommes, pour lever des fonds au profit d’une organisation liée au Hamas. L’exemple que je cite dans ma conférence sur l’égalité et la laïcité — et que me reprochent les Indivisibles — n’est pas donc sorti de mon imaginaire mais se réfère à un fait précis ayant fait débat. Il s’agissait de montrer qu’une politique publique, surtout si elle se veut progressiste, ne peut pas soutenir les ennemis de l’émancipation et des droits des femmes.

http://youtu.be/oZdKbZVX2Z0

Cette intervention date de 2010. Elle a beaucoup fâché Rokhaya Diallo, qui intervenait juste avant moi pour demander au PS d’adopter une laïcité à l’anglo-saxonne et des statistiques ethniques. Elle a largement perdu à l’applaudimètre, très largement, et ne s’en remet pas. Voici donc le retour de bâton sous la forme d’un prix censé mettre à l’index les pires racistes de ces cinq dernières années… Décerner un prix du racisme à une antiraciste. N’est-ce pas un peu gros ? Vous connaissez la formule, un peu modifiée. Les salauds osent tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

Des indivisibles qui divisent

Me remettre ce prix, ce soir-là, celui de la tragédie de Toulouse, pour une phrase où je critique le soutien à des groupes extrémistes et antisémites, c’est déjà assez gonflé. Mais le plus inouï est de le faire justement l’année où j’ai dénoncé le racisme anti-musulmans du FN. Dans un livre, un film et une Bande-dessinée. Ou encore lors de l’émission « Des paroles et des actes », sur France 2.

J’ai demandé à la présidente du FN de s’expliquer sur un extrait du programme de son parti de 2007, où le FN se plaint de voir 20 % des militaires français être issus du « monde musulman » : «  Il devient de plus en plus difficile d’avoir un recrutement de qualité. 20 % des nouvelles recrues sont désormais issues de l’immigration originaire du monde musulman. » Ma question à Marine Le Pen était simple : « Quand des Français de culture musulmane s’engagent pour servir l’armée française, pour servir la France, qu’est-ce qui vous permet d’affirmer qu’ils sont de mauvaise qualité ? » Elle ne m’a jamais répondu. Ce qui est, en fait, une réponse.

http://youtu.be/IrL5V3Jj7Mw

J’ai toujours veillé à ce que l’on n’instrumentalise pas la laïcité contre l’Islam, dans tous mes livres, depuis 2003 (avant j’écrivais essentiellement contre l’intégrisme chrétien et l’extrême droite), quitte à devenir la bête noire de Riposte laïque et du FN. L’accusation de racisme ou même d’ « islamophobie » est donc parfaitement injuste et calomnieuse. Venant des soutiens de l’intégrisme, cette mauvaise foi n’est pas surprenante. Le pire est de savoir que Rokhaya Diallo a pu trouver des complices pour commettre son forfait.

 Drôle de jury

La complicité de certains membres du jury ne m’étonne guère : Jean Baubérot (pape des accommodements raisonnables à la canadienne), Frédéric Martel (qui a juré de me faire payer une chronique sur Martine Aubry et va jusqu’à me traiter de sarkozyste pour tenter de me discréditer… On rêve !), un blogueur de Politis, Sébastien Fontenelle qui trouve que j’ai eu tort de dénoncer le double discours de Tariq Ramadan, et bien sûr, la spécialiste de l’amalgame féminisme = racisme : Nacira Guénif (auteure d’un livre pro-voile hallucinant sur les « Féministes et le garçon arabe »).

Je pourrais prendre ça à la légère et me contenter d’en rire. Mais ces gens-là, toujours les mêmes (les réseaux indigeno-ramadano-bonifaciens), ne me font plus rire. Leurs amalgames sont dégueulasses et dangereux. Ils défigurent le combat antiraciste pour le transformer en outil d’intimidation contre toute personne qui osera critiquer le voile ou l’intégrisme. Exactement comme les associations religieuses ayant porté plainte contre Charlie Hebdo, en 2007, dans l’affaire des caricatures.

Attentat contre Charlie Hebdo

Attentat contre une école juive à Toulouse

Je porte plainte

Ce prix va donner raison à tous les sites intégristes qui cherchent à me faire taire depuis des années. Ils jubilent déjà. Merci donc aux Y’a bon Awards de leur prêter main forte. La prochaine étape, c’est quoi ? Payer le ticket de bus à ceux qui rêvent de m’emmener en forêt pour me bâillonner ou me « lapider » (selon les mots des équivalents belges de Rokhaya Diallo ?)

J’ai encore moins envie d’en rire cette année, où je dois faire face à l’agression simultanée de militants des Indigènes du Royaume et aux menaces de cadres du FN. Mais surtout l’année où les locaux de Charlie Hebdo ont été incendiés. L’année où un tueur a assassiné des militaires d’origine maghrébine et antillais avant de tirer sur des enfants d’une école juive. Je crois que la calomnie, si répandue sur Internet et décomplexée par ce type d’amalgame, n’est jamais anodine. Elle facilite le passage à l’acte des extrémistes.

Je vais donc porter plainte. Contre l’association et les membres de ce jury (*). Pour diffamation et injure voire pour incitation à la haine. Les dommages et intérêts seront reversés à une association antiraciste…. Qui milite vraiment contre le racisme.

Caroline Fourest

(*) Selon le site des Indivisibles : « Le jury 2012, présidé par Gilles Sokoudjou (Indivisibles), était composé de :
Florence AUBENAS (journaliste), Jean BAUBEROT (sociologue), Abdelkrim BRANINE (journaliste), Sébastien FONTENELLE (journaliste), Faiza GUENE (romancière/réalisatrice), Nacira GUENIF (sociologue), Olivier LE COUR GRANDMAISON (historien), Jalil LESPERT (comédien/réalisateur), Alain MABANCKOU (romancier), Assa MAÏGA (comédienne), Frédéric MARTEL (journaliste/écrivain), MOKOBÉ (rappeur), Maboula SOUMAHORO (civilisationniste), YOUSSOUPHA (rappeur) ».