Mes agresseurs de CIVITAS condamnés

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Après trois jours de procès, reconnaissant la violence des coups portés envers une journaliste venue couvrir la manifestation de CIVITAS du 18 novembre 2012, la Cour a condamné mes principaux agresseurs.

François-Xavier GICQUEL (Jeunesses nationalistes) qui m’avait fait tomber à terre en premier et s’était vanté devant une caméra cachée de M6 de m’avoir « cartonnée grave », d’avoir « foutu une patate en pleine tête » avant que lui et ses amis me « finissent au sol » a été condamné à un an de prison avec sursis et 800 euros d’amende.

Rémi LELONG (militant FN 93), qui a reconnu et regretté de m’avoir frappée (il m’avait même menacée au moment de l’identification devant les policiers), a été condamné à six mois avec sursis. A la barre, il m’a aussi accusée d’inciter à la haine contre les religions (de fait il m’avait pourchassé en criant « islamophobe »), sans pouvoir citer une seule ligne ou propos étayant son accusation.

Tous deux sont condamnés à me verser 2000 euros de préjudice moral et chacun 500 euros de frais de défense.

Logan DJIAN (ancien Chef du GUD, qui purge actuellement une peine de prison pour violences aggravées commises lors d’une autre manifestation anti-mariage homosexuel) a été condamné à deux mois avec sursis.

D’autres agresseurs des FEMEN ont été condamnés à des peines allant jusqu’à six mois de sursis. Certains ont nié leur implication, pourtant très visibles sur les photos, dans ces violences d’un degré qui a marqué le tribunal.

Lors des débats, très tendus, un avocat a dû demander à l’un des prévenu (Rémi Lelong) d’arrêter « de fixer les parties civiles en faisant le signe de croix ». Sur les bancs, la défense des militants catholiques intégristes a reconnu qu’ils avaient perdu la bataille contre le mariage pour tous. Avec ce jugement, leurs clients vont devoir accepter de respecter la loi et l’intégrité des personnes qui ne pensent pas comme eux.

J’ai une toute petite pensée pour les responsables du Printemps français comme Béatrice Bourges et tous les radicaux catholiques m’ayant accusée d’avoir menti sur cette agression pendant cinq ans sur les réseaux sociaux.

Je regrette que la violence des insultes homophobes entendues pendant cette agression (« Sale pédale » notamment) n’ait pas constitué un motif aggravant.

Et je tiens tout particulièrement à remercier Marie-France Fontana pour son engagement d’avocate contre cette violence intégriste, qu’elle a connue jeune et dont elle a refusé l’endoctrinement. Sa présence de ce côté de la barre, sa plaidoirie et le jugement obtenu représentent de belles victoires.

Caroline Fourest

Pour revoir : Nos seins nos armes

 

CIVITAS : Cinq ans après, le procès des « violences volontaires »

 Demain, plus de cinq ans après les faits, s’ouvre le procès des militants d’extrême droite m’ayant passé à tabac lors de la manifestation de CIVITAS du 18 novembre 2012. Une manifestation que je couvrais pour France 2 et les besoins du documentaire « Nos seins, nos armes »

Arrivée sur place avant le cameraman et les FEMEN qu’il suivait, j’ai vu une foule d’agresseurs se jeter sur ses militantes et les rouer de coups, avant d’être moi-même plaquée à terre dans un coin, tabassée à coup de pieds puis poursuivie aux cris de « sale pédale » et d’insultes plus personnalisées.

Les images de ces agressions ont largement circulé, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ils ont été suivis de campagnes d’insultes et d’intimidation de la part des réseaux d’extrême droite.

Du 17 au 19 janvier, plusieurs prévenus vont enfin comparaître pour violences volontaires aggravées par la circonstance de réunion, envers moi ou les FEMEN : Logan Djian (ancien Chef du GUD, poursuivi dans une autre affaire de violences), François-Xavier GICQUEL (Jeunesses nationalistes), Rémi LELONG (FN 93), Aurélien PORCILE, Jérôme GUIGUE (Jeunesses nationalistes), Gilbert RUFFIER D’EPENOUX (colonel).

Joli symbole, ma défense sera assurée par maître Marie-France Fontana qui, après une jeunesse au sein de l’organisation anti-avortement La Trêve de Dieu (fondée par sa mère), défendra l’intégrité des femmes et la liberté de la presse face à des prévenus intégristes.

Caroline FOUREST

• Co-réalisé avec Nadia El Fani. Revoir la scène dans le documentaire à partir de 59’56 : 

Manifestation CIVITAS : 5 agresseurs arrêtés

Hier, la police (le SIT, dont je tiens à saluer l’écoute et l’efficacité) a arrêté 4 des agresseurs de dimanche, parmi les plus violents. Un cinquième a été arrêté le lendemain.

Ils appartiennent effectivement mouvement Jeunesses nationalistes, au GUD et/ou au service d’ordre de CIVITAS.

L’un de mes agresseurs est un militant bien connu du FN 93. Il m’a re-menacé lors de l’identification, depuis la glace  sans tain : « Fourest. On te retrouvera, partout en France ! »

J’envisage également de porter plainte contre un secrétaire de section du FN, ancien candidat aux législatives, qui a approuvé l’agression sur Twitter et l’a salué en l’accompagnant d’injures.

 

Caroline Fourest

Communiqué du 29 novembre 2012

Récit d’une agression ultra-violente à la manifestation de CIVITAS

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Contrairement à ce que je lis dans certains articles, il ne s’agit pas d’une simple « bousculade » ou « prise à parti ».

Alors que les militantes des FEMEN venaient d’arriver coifées comme comme des nonnes, seins nus et en scandant « In gay we Trust », qu’elles arrosaient la foule de mousse blanche, certains membres du service d’ordre et des militants catholiques les ont roué de coups. En hurlant « on hait les gouines ».

Elles se sont repliéesplus loin de la manifestation pour chanter des « Marie Marions-nous » un peu plus loin lorsque des nervis nationalistes-révolutionnaires ont fondu sur elles en criant « allez mes camarades ! ».

Ils les ont tabassés à coups de pied, de poings et de casques de moto. Leur attrapant les cheveux, sautant sur elles à pieds joints. Hurlant des injures sexistes (salopes) et homophobes (sales gouines), auxquelles se sont joint des passants propres sur eux, sans jamais porter au secours aux agressées. Un prêtre a même encouragé les agresseurs en leur criant  » allez montrer votre virilité » !

Inna Schevchenko, militante ukrainienne des FEMEN, a une dent cassée et le dos recouvert de bleus. D’autres filles ont été blessées. Les nervis ont aussi agressé la presse et les journalistes qui filmaient.

Voyant mon appareil (mais sans me reconnaître dans un premier temps), ils m’ont jetée au sol. Ma tête a violemment heurté le bitume quand j’ai senti les coups de pieds pleuvoir, sur tout mon corps. Je me suis relevée.

L’un des agresseurs a arraché mon bonnet et ils m’ont reconnu. Je leur ai tenu tête. Ils ont hurlé mon nom en menaçant : « cours sale pute ».

Avant  de me pourchasser pour me tabasser une seconde fois. A coups de poings dans le dos, il m’ont fait tomber au sol, reprise des coups de pieds. Je me suis relevée. D’autres ont repris la chasse à coup de poing dans le dos et dans la tête. Jusqu’à ce qu’une voiture de police arrive et que je sois hors de portée.

Sur les images, fiers de leur violence, des nervis masqués chantent « Jeunesse nationaliste ! », le cri de ralliement de l’un des groupes d’extrême droite les plus violents créé récemment.

Caroline Fourest

Le Parisien a filmé une partie de mon agression : cliquer ici

Petite précision, FEMEN n’est pas un groupe lesbien mais féministe…

http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid2800-c-le-jt-de-canal.html