Après les larmes, le tir de barrage

Le projet de loi confortant les principes républicains est courageux et nécessaire. Il tire les leçons d’années d’impuissance de l’État face aux groupes haineux se servant de la démocratie pour meurtrir la République.

Les principales dispositions du projet de loi visent la haine en ligne. Elles marchent dans les pas du processus de « l’appel de Christchurch », lancé après l’attentat filmé ayant frappé une mosquée de Nouvelle-Zélande, tout en tirant les leçons de la campagne ayant ciblé Samuel Paty. Le texte prévoit notamment de mieux sanctionner la « mise en danger d’autrui par divulgation d’informations personnelles ». Il présente le grand mérite d’armer la plate-forme de signalement Pharos d’un pôle de magistrats.

Le projet de loi permettra aussi de dissoudre plus facilement des officines désignant des cibles aux tueurs. Une extension nécessaire pour se protéger du Collectif contre l’islamophobie, qui a l’intelligence de se présenter comme une organisation antiraciste pour mieux pointer du doigt comme « ennemi de l’islam » toute personne ou institution résistant à l’islamisme. Ils continueront à mener leur djihad judiciaire depuis l’étranger. Mais ce coup de semonce a le mérite d’alerter les élus et les journalistes, inconscients, qui relaient leurs fausses informations, pensées pour radicaliser.

C’est l’autre intérêt du projet de loi : permettre à l’État d’agir quand des élus locaux financent des groupes antirépublicains pour des raisons clientélistes.

Ce projet de loi permet de renforcer certains articles de la loi de 1905 interdisant à des ministres du culte d’utiliser leur fonction pour tenir des discours haineux.

Du côté de la citoyenneté, il veillera à ce que tous les enfants de la République soient scolarisés dès l’âge de 3 ans. C’est peut-être la mesure la plus courageuse du projet de loi, celle qui fera hurler musulmans, évangéliques et catholiques.

N’en doutons pas, tout le monde va s’égosiller et manifester, sitôt le couvercle du confinement levé, et même avant. Après le temps des larmes, vite séchées, un tir de barrage s’apprête à déferler.

Les associations familiales catholiques et musulmanes vont sortir dans la rue au nom de l’école libre et à domicile.

À gauche, on crie déjà au fascisme, en mélangeant la loi problématique sur la sécurité et la loi nécessaire contre le séparatisme.

Les islamistes, les plus déterminés, diffusent déjà des faux grossiers pour monter l’opinion publique contre le projet. Ce qui ne serait pas si grave si leurs alliés de la presse anglophone ne s’empressaient pas de les relayer, mettant notre pays et nos représentants en danger.

Le gouvernement sera bientôt face à un front du refus. Et rien ne changera, ou presque, jusqu’au prochain attentat. Le chaos nous désignant comme cible, il ne saurait tarder.

Caroline Fourest, Marianne, 27/11/20