Quelques réponses aux réponses d’Alain Juppé

La maire de Bordeaux est logiquement en colère contre ma chronique, « Saint Emoi », paru dans le Monde du 4/06/10. Il dit son sentiment d’injustice sur mon répondeur et sur son blog. Voici quelques précisions suite à ses remarques…

1)   Je n’ai jamais pensé qu’Alain Juppé était proche, idéologiquement, de l’extrême droite catholique. C’est bien ce qui rend cette décision d’attribuer Saint Eloi à l’extrême droite si  incompréhensible. Ce qui oblige à chercher d’autres pistes, et donc à examiner l’influence potentielle du cabinet Rivière.

2)   Alain Juppé écrit que je commets une erreur en disant que l’archevêché de Bordeaux a fait un recours contre l’attribution de Saint Eloi, « sans succès ». Lue dans son contexte, ma phrase disait autre chose. Il s’agit de souligner combien l’archevêché a protesté, sans succès, auprès de la mairie (c’est l’objet de ma chronique, comprendre pourquoi la mairie s’est entêtée…) Au point d’être allé jusqu’à saisir la justice. Laquelle a bien cassé la décision de la mairie. Mais sans obtenir le résultat escompté, puisque Saint Eloi est toujours occupée par les hommes de Laguérie.

3)   Il est vrai qu’entre-temps, le fait de posséder cette paroisse (dévolue par la mairie en 2002) a permis à Laguérie et à son groupe de négocier avec le Vatican en position de force l’octroi d’un Institut du Bon Pasteur, rallié à Rome, et donc de rester dans les lieux. Avec les effets que l’on sait en termes de regain d’intégrisme à Bordeaux. La mairie a bien résilié le bail en 2004, suite à la décision de justice, mais l’association de Laguérie occupe toujours les lieux. Il reste donc un bail à résilier. Mais cette question, c’est vrai, concerne désormais l’Eglise catholique. C’est elle qui porte aujourd’hui la responsabilité d’abriter un Institut du Bon pasteur intégriste.

4)   Je veux bien croire qu’Alain Juppé n’a jamais désiré ces effets. Il s’est dit, et je le crois, profondément révolté après la diffusion des «  Infiltrés » par ce qu’il a vu. Premier pas, le rectorat vient de demander aux parents des enfants scolarisés au collège de Saint Projet (cela ne concerne pas ceux de l’ école primaire) de scolariser leurs enfants ailleurs. Cette bonne nouvelle est tombée lorsque mon papier était déjà sous presse. Tant mieux. Mais ce n’est qu’un premier pas, qui n’enlève rien à la question, plus large et plus nationale, que je pose en fin d’article : que fait-on pour éviter qu’on puisse si facilement ouvrir des écoles hors contrats, dont le but est souvent de laver le cerveau de futurs citoyens ?