Les nervis de la LDJ

Les petits nervis de la LDJ disent ne pas vouloir importer le conflit Israélo-Palestinien, mais tabassent volontiers des lycéens français d’origine maghrébine sous prétexte de défendre Israël…

Les ratonnades ne sont plus ce qu’elles étaient. Jadis, des skins, parfois beurs comme Batskin, tabassaient indistinctement juifs et arabes. Aujourd’hui, tout fout le camp et se communautarise. Jeudi 8 janvier, trois lycéens de Janson-de-Sailly, âgés de 15 à 17 ans — dont deux d’origine tunisienne — sont pris à partie et tabassés par un groupe de 7 sept militants pro-israéliens venus distribuer des tracts de la Ligue de défense juive.

Assez récente en France, la LDJ n’en n’est pas à son premier coup de poing. Il s’agit de la branche française de la Jewish Defense League, considérée comme un groupe terroriste par le FBI. Son fondateur, Meir Kahane, cumule les tares. Ultra-nationaliste et ultra-religieux, il sera exclu de la Knesset — où il a  été élu en 1984 — pour racisme. Avant de se finir assassiné à New York. Quand la LDJ s’implante en France, elle le fait sur les ruines du Betar, dont elle recupère les militants les plus excités. Autant le Betar était proche du Likoud, autant la LDJ considère le Likoud comme un parti trop attaché à la démocratie.

Sur le territoire français, la LDJ incite « les Juifs de France à assurer par eux-mêmes leur protection contre leurs agresseurs ». Feignant d’assurer la protection de commerçants juifs, on peut les voir patrouiller dans le quartier parisien du Marais, talkie-walkie au poing et regard agressif pour tout ce qui ne porte pas une kippa. Il leur arrive aussi de bousculer le service d’ordre d’organisations non extrémistes juives lors de manifestations, où leurs troupes se reconnaissent à leur excitation et à leur sigle : un poing serré sur un drapeau jaune.

Lors de la manifestation en mémoire de Ilan Halimi, la LDJ tentera d’introduire Philippe de Villiers dans le carré de tête. SOS Racisme l’en sortira. Mais leur fonds de commerce consiste surtout à casser la gueule à toute personnalité antisémite (il y a de quoi s’occuper) : Alain Soral, Dieudonné. Au risque d’avoir les mêmes méthodes que la Tribu Ka…

Ceux qui se présentent comme les « gardes du corps de la communauté » s’expliquent à visage flouté : « On est la pour redresser l’image du juif. Montrer que les juifs ne sont pas des victimes ». Objectif réussi. Grâce aux efforts conjoints des Israéliens à Gaza et de la LDJ en France, ce sont les antisémites et les militants du Hamas qui passent pour des victimes.

C. Fourest et F. Venner

Paru dans Charlie Hebdo, janvier 2009