Négociations tendues autour de « Durban II »

images-1Peu de progrès ont été accomplis cette semaine sur un document final pour la prochaine conférence de l’ONU contre le racisme. De vifs débats ont eu lieu notamment sur la diffamation des religions et une équipe de télévision a dû plier bagage.

Réunis depuis lundi, les délégués ont planché sur un projet de déclaration finale à la conférence de suivi sur le racisme, ou Durban II, qui aura lieu du 20 au 24 avril à Genève. « Des discussions très animées sur certains sujets ont eu lieu », a reconnu vendredi le président du comité de rédaction, le Russe Youri Boychenko. Les délégués ont pu relire environ 40% du texte révisé de 38 pages et ont pu approuver seulement 35 paragraphes sur 250, a-t-il précisé. Parmi les sujets polémiques, le diplomate a mentionné la diffamation des religions, la liberté d’expression, l’esclavage, les réparations pour les injustices commises dans le passé, la situation au Proche-Orient, l’incitation à la haine raciale, les idéologies racistes.

Proche de la rupture
La négociation a été proche de la rupture quand la question de l’Holocauste a été soulevée. L’Organisation de la conférence islamique (OCI) voulait réduire ce passage à la portion congrue. Les Pays-Bas, le Danemark, la Grande-Bretagne et la République tchèque, au nom de l’UE, ont vivement protesté. Autant de sujets qui avaient déjà suscité la polémique lors de la première conférence de l’ONU contre le racisme, en septembre 2001, à Durban (Afrique du Sud). Youri Boychenko a précisé que seuls le Canada et Israël boycottent à ce stade les débats. Les Etats-Unis ont assisté à la réunion de cette semaine, sans y participer, et ont indiqué qu’ils « étudient leur position ». Les travaux reprennent le 6 avril.

Equipe de télévision indésirable
Le président du comité de rédaction a en outre regretté l’incident survenu jeudi à la suite de la présence d’une équipe de télévision de la chaîne franco-allemande ARTE dans la salle, au moment des débats sur la liberté d’expression. Les groupes africain et asiatique avaient demandé l’interruption du travail de cette équipe, une demande rejetée par l’Union européenne. Youri Boychenko a expliqué qu’il a demandé de « suspendre le tournage le temps de clarifier les règles en usage » et pour éviter que les débats ne dérapent avec une demande de vote et une perte de temps inutile. « Le vote aurait été acquis en raison de la majorité automatique (des non-alignés) et cela aurait été une honte pour l’ONU », a commenté David Littman, de l’Association pour l’éducation mondiale. Pour Youri Boychenko, l’incident a été provoqué par le « manque d’information ». « Il est clair maintenant pour tout le monde que les journalistes sont autorisés à assister aux séances publiques », a-t-il affirmé. Il a assuré que l’intention n’était pas de nuire à la liberté d’expression. Le secrétariat du Haut Commissariat aux droits de l’homme s’est excusé du « manque de clarté » des procédures observées en la matière et a regretté la « confusion générale ». L’équipe d’ARTE a néanmoins fait ses bagages jeudi soir et n’était plus là vendredi.

23-JAN-2009 / Source : Blaise Lempen, ATS-Genève