Précisions à l’intention des Ségolénistes

Plusieurs partisans de Ségolène Royal m’ont écrit pour réagir suite à mon intervention sur Ripostes. Ce qui est bien normal. Je précise (ce que l’on a jamais le temps de faire en télévision) que mon propos n’est absolument pas de dire que les militants ségolénistes sont des incultes émotifs, comme semblent l’avoir compris certains.

L’équipe de Royal compte des figures aguerries et d’autres pleines de talent. En revanche, la tonalité des discours de Ségolène Royal et le choix de son approche tendent favoriser l’émotion au détriment de la raison. Et cette approche sert pour l’instant de « culture politique » à de nouveaux adhérents venus par identification à sa personne et à cette posture plutôt que par engagement au service d’un parti.

Si elle présente l’avantage du renouveau, cette posture me semble difficilement conciliable avec un langage commun de rassemblement. D’où l’impasse actuelle. Il faut souhaiter le renouveau, mais faut-il remplacer une culture militante archaïque par le culte du chef et de l’émotion ? N’est-ce pas la culture politique déjà voulue par Nicolas Sarkozy ? Je ne fais que poser des questions. La réponse appartient aux militants du Parti Socialiste.

Bien à vous, CF

Post-scriptum à l’intention de tous les militants socialistes : Par ailleurs, au risque de froisser pratiquement tous les militants socialistes, je suis à la fois dérangée par le registre discursif dans lequel s’inscrit Royal (pas seulement parce qu’il s’agit d’émotion mais d’émotion mise au service d’une martyrologie personnelle), que par les manœuvres archaïques de certains lieutenants des deux candidates en lisse (je pense aux coulisses des Fédérations des Bouches-du-Rhône et du Nord-Pas-de-Calais), et je suis aussi étonnée d’entendre les leaders du PS défendre l’école publique et la laïcité quand on sait leur capacité au compromis en tant qu’élus locaux. Je pense au parvis « Jean-Paul II », à l’institut des cultures musulmanes (destiné à servir de salle de prière supplémentaire pour les fidèles de la Mosquée du 19ème, pas vraiment fréquentable), aux subventions aux Loubavitch de la mairie de Paris. Je pense aussi aux horaires dans les piscines cédées jadis par la mairie de Lille, et du partenariat privilégié avec l’Université catholique de Lille (même s’il faut reconnaître que la Catho de Lille est plutôt une bonne université, et que certains projets liés à ce partenariat vont dans le sens de l’intérêt général et du social)…