Archive de la catégorie «Mes livres»

La Dernière Utopie

octobre 28, 2009

derutiopie3Le 12 novembre paraîtra chez Grasset La dernière utopie, un livre auquel je travaille depuis de nombreuses années et que je vous invite à découvrir.

Présentation de l’éditeur :

Caroline Fourest s’est fait une spécialité de clarifier et de mettre en lumière les grands débats comme les aime notre époque, mouvante et inquiète. Depuis bientôt quatre ans, elle travaille sur une question majeure : l’agonie de l’universalisme – notre dernière utopie. Cette belle ambition, gravée dans le marbre de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, est battue en brèche. Pourtant, il n’existe pas de meilleur remède à la crise que connaît le multiculturalisme depuis le 11 septembre 2001, à force de tout tolérer au nom de la culture et du religieux.

Cet enjeu dépasse largement l’aspect rhétorique. Il est au cœur de débats qui agitent quotidiennement le monde. Les Nations-Unies, le Canada, les Etats-Unis, l’Afrique du Sud, l’Australie, l’Inde, la Belgique, les Pays-Bas, la France… Dans tous les pays où le respect des minorités et le culte de la diversité progresse, on se déchire pour savoir comment concilier droit à la différence et respect des valeurs communes. Peut-on tout tolérer – l’excision ou l’infanticide – au nom des coutumes ? Faire passer le respect du voile avant l’égalité hommes-femmes ? Accepter des menus séparés dans les cantines ? Des créneaux non-mixtes dans les piscines ? Retirer les sapins de Noël des places publiques ? Reconnaître des arbitrages basés sur la charia ? Interdire le voile dans la rue au nom de l’identité nationale ?

Dans ce livre puissant, Caroline Fourest explique le ” modèle français “, admiré et controversé, le malentendu avec le monde ” anglo-saxon “. Elle revient sur la Révolution française, la Constitution américaine, raconte le débat canadien sur les ”accommodements raisonnables “. Elle rend clair, enfin, les termes qui nous font perdre la tête : communautaire, communautarisme, multiculturalisme, essentialisme, racisme, islamophobie, musulmanophobie… Et nous livre, à trente ans, le bréviaire courageux sur lequel rebâtir l’envie de faire société.

Caroline Fourest répond à Tariq Ramadan

octobre 3, 2009

Le 26 Septembre 2009, Tariq Ramadan est invité dans l’émission de Laurent Ruquier, “On est pas couché!”. Il attaque Caroline Fourest, journaliste-essayiste, en l’accusant d’être contre l’Islam et “malhonnête” intellectuellement. L’émission de Laurent Ruquier n’a pas donné la parole à Caroline Fourest pour qu’elle puisse répondre. Jonathan Halimi et Florent Rodo l’ont rencontré afin de lui donner ce droit de réponse sur le web.

Pour en savoir + sur son double discours : http://carolinefourest.wordpress.com/2009/08/29/tariq-ramadan-et-son-double/

Réaction et décryptage à l’émission de Ruquier : http://carolinefourest.wordpress.com/2009/09/29/le-dernier-show-de-tariq-ramadan-chez-ruquier/

Pour écouter un extrait de cassette de Tariq Ramadan: http://www.dailymotion.com/user/prochoix/video/xandxh_le-double-discours-de-tariq-ramadan_news

Ma Semaine sainte

septembre 15, 2008

Retour sur une semaine de débats parfois irrationnels ayant accompagné la venue du pape en France.

Défendre un livre d’enquête critique sur l’évolution rétrograde du Vatican et les choix du pape, alors que le président de la République lui-même a décidé de faire de la venue de Benoît XVI un moment de communion nationale sur un mode révérencieux, vous expose inévitablement au reproche de « casser l’ambiance ». Plus le pape approche, plus le gouvernement invite le pays a s’enivrer de foi et de vin de messe, plus les plateaux radios et télés se garnissent de cléricaux et de journalistes ouvertement papistes, et plus le débat public vole bas.

Avant son arrivée, ils minimisent le caractère conservateur de Benoît XVI. Pendant la visite, c’est carrément le garde-à-vous général. D’autant qu’au lieu de faire marcher leur esprit critique, sept cent intellectuels sont convoqués aux Bernardins pour écouter Benoît XVI, dans un silence religieux. Visiblement impressionnés par le decorum et la mise en scène, ravis aussi d’avoir vu voir la « star » de près, aucun n’ose faire remarquer que, sous couvert d’une conférence, ils ont enduré un véritable sermon — dont l’objectif fût de conclure devant eux que la recherche de la foi fondait la culture chrétienne et que le positivisme sans la foi menait inévitablement à la destruction de la culture.
Triste spectacle d’une France intellectuelle au pas, à l’exception de quelques irréductibles, immédiatement traités d’esprits fermés, voire d’« intégristes de la laïcité ».

Sur Arte, un journaliste demande à Amélie Nothomb ce qu’elle pense de Benoît XVI. La réponse est cruelle : « je n’aurais jamais imaginé pouvoir regretter le précédent pape ! ». A la fin de l’enregistrement, un membre de cette émission culturelle vient la prévenir : cette phrase ne sera sûrement pas diffusée. Miracle, le blasphème est finalement passé. Mais la mise en garde en dit long sur le climat révérencieux qui règne dans certaines rédactions.

A la fin de la visite papale, galvanisés par trois jours de sermons et d’homélie, mais surtout par le mot d’ordre de « laïcité positive », les porte-voix du catholicisme se lâchent comme jamais. Sans même faire l’effort de déguiser leur foi en raison.

Les journalistes de La Croix et de La Vie, jadis capables de critiques envers Ratzinger, jouent les cerbères contre tout journaliste osant émettre un bémol au sujet de Benoît XVI. Dans Le Figaro, on célèbre sans retenue la « révélation Benoît XVI ». Etienne de Montety décide à lui seul qu’aucune parole critique n’est plus légitime : « On sourit en relisant les commentaires alarmistes qui accueillirent Benoît XVI la semaine dernière ». François Simon enfonce le clou dans Ouest France, le quotidien régional le plus catholique de France : « La France attendait un pape sévère comme un Père fouettard, elle a reçu un pape souriant et exigeant ».

Le registre de vocabulaire est intéressant. Parmi les « arguments » entendus, le pape ne serait pas « réactionnaire »… parce qu’il a « souri », qu’il a les « yeux clairs », qu’il a « une voix douce ». Sur LCI, face à Fiammetta Venner, un sociologue des religions a même nié toute tentation conservatrice en rappelant que Benoît XVI avait écrit une encyclique intitulée « Dieu est amour ». Ainsi tant que le nouveau pape ne tire pas sur la foule et ne publie pas une encyclique « Dieu = haine », il semble déraisonnable de penser qu’il est conservateur. Sur la Chaîne parlementaire, toujours face à Fiammetta Venner, un catholique fervent insiste : il connaît un jeune trisomique qui le trouve « beau ». C’est donc confirmé, la foi est encore plus aveugle que l’amour.

Toujours pour accréditer l’idée d’une « révélation », les commentateurs et les journalistes croyants n’hésitent grossir le « succès populaire » de Benoît XVI en additionnant les personnes venues le voir à Paris (260 000) et à Lourdes (120 000), alors qu’il s’agit souvent des mêmes, parfois de visiteurs étrangers. Au final, Benoît XVI a fait déplacer moins de monde que Jean-Paul II, et même moins de monde que la Lesbian and Gay pride, laquelle a pourtant lieu chaque année ! Avec plus de chars, mais moins de personnes déguisées.

Caroline Fourest

Mes Livres

août 23, 2007

• Les nouveaux soldats du pape (Légion du Christ, Opus Dei, Traditionalistes), Panama, parution le 4 septembre 2008

• Le livre noir de la censure (Collectif dirigé par E. Pierrat), Seuil 2008

• Le choc des préjugés  : l’impasse des postures sécuritaires et victimaires, Calmann-Lévy, 2007

• La tentation obscurantiste, Grasset 2006

 Frère Tariq, discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan, Grasset, 2004

• Tirs croisés, La laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman (avec F. Venner), Calmann – Lévy, 2003

• Foi contre choix, La droite religieuse et le mouvement prolife aux États-Unis, Éd. Golias.

• Les anti-PaCS ou la dernière croisade homophobe (avec F. Venner), ProChoix, 1999.

• Le guide des sponsors du FN et de ses amis (avec F. Venner), Raymond Castells, 1998.

• Les femmes et l’extrême droite (collectif dirigé par C. Lesselier et F. Venner), Golias, 1997